lundi 20 octobre 2014

Les orties et l'angine

Deux semaines avant les vacances de la Toussaint, je me suis débrouillée pour attraper une belle angine blanche. Pas bien compliqué à comprendre : l'essentiel de mon nouveau travail consiste à jacter toute la journée. Je ne dis pas que de temps en temps je ne mets pas le moulin à parlotte sur pause, mais c'est rare. On pourrait s'imaginer qu'en faisant des photocopies ou en corrigeant des copies, je ne parle pas. Bien sûr que si. À la reprographie, je parle avec la fille qui est là toute la journée, en corrigeant mes copies je parle à d'autres profs. Je ne vous parle même pas des interros où je suis constamment obligée de répondre à des appels angoissés de type « madame j'ai vraiment pas compris ce que vous vouliez que je réponde, là ». Et après la journée de boulot, j'enchaîne avec mes petits monstres de cours particuliers.
Bilan des courses : angine. J'ai quand même assuré ma journée de travail comme j'ai pu, Simon avait pris rendez vous chez le médecin pile pour quand je serais rentrée.
Médecin qui a été assez surpris du décalage entre l'état de ma gorge et mon attitude globale.
Je suis extrêmement douée pour être proche du décès sans que ça se voit.
Mais mon médecin me connaît, c'est lui que je suis allée voir pour la première fois en disant que ça pouvait plus continuer comme ça la dépression et qu'il fallait me sortir de là. Il est gentil, compréhensif, il commence à bien me connaître, il adore les historiens et il aime beaucoup bavarder.
Dans la foulée, quand je suis redescendue de la banquette sans avoir eu à me déshabiller – oui, il connaît aussi mes complexes et ma pudeur, na – on explique que Simon et moi passons notre temps ensemble, qu'on dort ensemble et qu'on fait moult activités que la morale réprouve, et qu'il a un début de crève. Autant lui épargner d'attraper la même chose que moi.
A son tour, il se lève et va s'asseoir à ma place.
Ce qui me rappelle quand on va donner notre sang et que pour m'occuper, je regarde Simon se faire sortir des pommes par des infirmiers zélés qui voient défiler de l'étudiant exténué depuis un moment, ils gèrent. Tandis que moi y'a pas d'exténuée qui tienne, rien à carrer des aiguilles ça m'fait pas peur et je me fais engueuler à chaque fois parce que je me relève trop vite soit disant.
Mais va leur expliquer que j'ai une double montée d'adrénaline, celle qui constate que j'ai une aiguille dans le bras comme mon papa quand il se shootait à l'héroïne mais que moi je le fais pour le bien et que ça fait de moi quelqu'un de génial, et celle qui voit mon amoureux en état de faiblesse qui a besoin d'être soigné.
Quand je vois Simon pâlir, faire un malaise, exprimer une douleur quelconque, il y a en moi une part d'excitation, je n'y peux rien. Serais je une vraie sadique sans cette part d'excitation, je ne sais pas. Je ne dirais pourtant pas que c'est de la jouissance. C'est plus une sorte de compassion mêlée d'une satisfaction sadique.
Or donc, j'étais déjà dans tous mes états de le voir assis sur la banquette avec le médecin qui s'apprêtait à l'examiner, quand j'ai entendu :
« Mettez vous torse nu »


Raaaaah !
Vas-y ma fille, efface ce sourire débile, si tu continues il va te renvoyer dans la salle d'attente. 

Comme il aurait été plutôt mal venu de faire des photos dans le cabinet du médecin, 
j'ai bricolé un petit dessin. 
Je n'ai pas eu le courage de dessiner aussi la fille au sourire pervers assise en face. 

Un esprit raisonnable me dirait « quelle histoire pour si peu, tu l'as déjà vu mille fois torse nu ton homme, et autant de fois tout nu, alors ça sert à quoi d'être toute excitée dans le cabinet du médecin, je te le demande ».
Mais j'ai pas d'esprit raisonnable dans ces moments là alors je profite.
En plus le médecin ne fait pas vraiment mal à Simon, mais le simple fait de le voir examiné sous toutes les coutures m'affole.
Et pour ne rien vous cachez, ça me console un peu des nuits précédentes ou je n'arrivais plus à respirer. Je m'assoupissais un peu, l'air passait moins, je faisais un cauchemar où j'allais bientôt mourir parce que je ne respirais plus, et je me réveillais. Simon après m'a dit que je ronflais un peu, puis, il y avait un blanc de plusieurs secondes, et je me réveillais en sursaut.
En gros, j'enchaînais les apnées.
Alors ça valait bien un peu de compensation dans le sadisme.
Et avec toutes ses émotions, le médecin m'a dit que je n'allais plus bosser jusqu'au lundi suivant.
Mon tout premier arrêt maladie, quelle émotion.
Et comme l'arrêt débouchait sur un week-end, et que la maman de Simon partait quelques jours, nous voilà partis pour la Picardie. Le temps de lourder mes cours particuliers du week-end (je peux pas vous faire cours les affreux, je suis une fragile convalescente), et d'empaqueter des vêtements chauds, parce que la Picardie en automne, ça ne pardonne pas. L'esthétique y perd, mais si ça peut m'éviter d'écoper d'une autre crève à éliminer pendant mes vacances amplement méritées, je fais avec.
Simon n'échappe pas à la règle, et lui aussi s'habille chaudement. Sauf que lui, avec ses jeans trop grands et son pull irlandais extra large, sans compter le fait qu'il s'est rasé de près avant de partir, il a clairement l'air d'un adolescent (même sa mère a trouvé que ça le rajeunissait quand elle l'a vu rasé).
Comme lui ressemble à un adolescent, j'aime assez l'idée que j'ai l'air d'une gouvernante chaudement habillée. 

Tant que sa maman était là, Simon portait un jean
et ensuite, il a été obligé d'assumer le fait qu'il avait oublié sa culotte courte de puni... 
et qu'il était obligé de rester en collants et en pull. 

Une fois la maman partie, la maison était pour nous deux. Fraîche, humide, flanquée d'un gros chien psychopathe qui pense que ne pas aboyer est une trahison, mais laissant libre cours à notre imagination.
Hier, il faisait beau, suffisamment pour un petit tour de jardin avec de magnifiques sabots en plastique pour se protéger de l'herbe humide – j'ai dit que l'esthétique y perdait. Sauf que le jardin, il est aussi doté d'un très joli saule. Simon et moi parlons de tout et de rien, du fait qu'il va falloir recommander du bois avant l'hiver parce que les réserves sont presque épuisées, du saule qui justement est reparti de plus belle après sa taille en règle, des framboises qui n'ont pas encore été cueillies – et qui connaissent une rapide fin de vie une fois que Simon les découvre.
Et moi, il ne faut pas me parler de saule trop longtemps, ça me donne des idées. Sans compter que, juste à côté du saule…

-Simon, y a des orties aussi.
-Mmmh ? Ah oui, tiens.
Après un petit temps de silence, il couine. Mais, paradoxalement, il n'oppose pas un refus catégorique.
Nous prévoyons le déroulement de la soirée de cette façon : il rentrera du bois pour faire un feu dans le salon, puis, muni de gants, il ira cueillir quelques orties. Si nous avions pu tout faire avant la tombée du jour, je serais peut être allée moi-même, mais avec la nuit, je trouve que cela rajoute un élément au contexte de punition. Sans doute parce que ça me rappelle un épisode des Confessions de JJ Rousseau où, enfant, il était envoyé chercher une Bible au temple alors que la nuit était largement tombée.
Ça tombe bien, Simon est protestant. Et j'associe souvent la religion à une ambiance de punition, ça doit être mon enfance passée dans l'athéisme le plus absolu et mes études de médiévale (tous ceux qui pensent que le monde du BDSM va trop loin n'ont jamais étudié le Moyen Âge. Moi, j'ai vu passer des pénitents en chemise en plein hiver, des religieuses toutes nues allongées au milieu d'une église, des privations de bouffer auto-infligées, des prosternations répétées jusqu'à l'épuisement. Le corset et la robe en latex que tu mets que pour la soirée bondage et les ensemble cagoule-laisse, à côté, c'est de la gnognotte).
La soirée passe. Simon a l'air d'avoir accepté l'idée de sa prochaine punition, mais il trainaille un peu avant d'aller chercher le bois demandé. Finalement, il en ramène une brassée dans le salon.

-Est-ce que ça ira comme ça ?
-Moui… est-ce qu'il y en a suffisamment pour faire du feu dans notre chambre ?, demandai-je, car je n'ai aucune idée de la quantité de bois nécessaire à deux feux.

Car oui, comble du luxe et du romantisme, nous avons une cheminée personnelle dans notre chambre, ce qui est la classe ultime.
-Non, j'y retourne !

Il a l'air bien pressé de s'occuper du bois, le jeune homme.
-N'oublie pas tes gants, Simon.
-Pas besoin pour le bois.
-Tu en auras besoin après.
-Muuuuh…

Il vient de comprendre que nous allions passer aux choses sérieuses sous peu.
D'après les dernières expériences de Waldo, on sait qu'une petite fessée à la badine fait des miracles sur la fessée aux orties. Mais je n'aurais pas le courage de le renvoyer dehors une quatrième fois.

Il met beaucoup de soin à démarrer le feu. De l'extérieur, on dirait qu'il retarde exprès le moment de sa fessée, mais je commence à le connaître un peu. Simon est incapable de bâcler quoi que ce soit, s'il fait quelque chose, il le fait bien, sinon il se maudit sur plusieurs générations.
Le chien, lui, ronfle sur son matelas.

-C'est dur de faire démarrer le feu avec du bois encore humide…
-Tu m'étonnes…

Pendant qu'il est à genoux devant la cheminée en train de souffler comme dans une forge, je suis à côté, tranquillement, les bras croisés, je profite du spectacle. J'adore les feux de cheminée, et quand Simon est à genoux pour faire partir le feu, il se penche en avant, et immanquablement, il tend ses fesses.
C'est tout à fait ravissant.

-En plus regarde moi ça, les brindilles que j'ai pour lancer le truc, c'est du saule. C'est tout gorgé de flotte.
-C'est à contre emploi, c'est sûr… Le bois vert, c'est pour les volées !
-Pfff…

Finalement, Simon triomphe du bois humide, et ressort, dûment ganté, dans le jardin.

-Ça va, ça ?
-Parfait.

Elles finissent à côté de la cheminée. Les racines sont venues avec, mais ce n'est pas bien dramatique. Les orties, ça pousse comme du chiendent.

-Tu n'as pas trop peur ? Tu es sûr ?
-Mmmpfff. Non, ça va en fait.
Dans le salon, il y a un gros fauteuil rouge – dans lequel je ne me suis quasiment jamais assise correctement, je m'y cale en position hamac – qui fait dos à la cheminée. Je décide donc que Simon va se pencher en avant et prendre appui sur le dossier du fauteuil. Il sera éclairé par les flammes, et j'aurai tout le recul nécessaire pour la fessée aux orties.

Je commence par une série de claques à la main, mais ce n'est que de la mise en scène. Il est tout de suite déculotté, j'en profite, je suis dans tous mes états en voyant ses fesses exposées à la lueur des flammes.
Malgré tout, il sursaute.

Tiens, tiens. Aurait-il comme un soupçon d'anxiété ? Depuis le temps qu'on parle de la fessée aux orties en jurant que jamais on ne le fera, que c'est trop cruel, là, on ne se pose presque pas de question.
En tout cas, moi, je n'en mène pas large. Au moment d'enfiler les gants pour prendre les orties, je me demande vraiment si c'est une bonne idée, si ça ne va pas être une expérience détestable, etc. Je ne suis pas loin d'aller préparer d'avance une bassine d'eau et de vinaigre, au cas où. J'essaie de me rassurer comme je peux : Simon s'est déjà fait piquer par des orties quand il était petit, il n'a jamais été douillet, il n'y a aucune raison que ça se passe mal.
J'avise une toute petite branche, elle sera parfaite pour commencer.

-Hiiiii…
-Alors ? Ça fait quoi ?
-Beuh… ça brûle un peu. Mais ça va en fait. Aaaah !

J'enchaîne avec le reste du bouquet d'orties. Simon se tortille, sursaute, se redresse. C'est bien la première fois que je le vois s'agiter autant pendant une fessée. Moi même, ça me fait extrêmement bizarre de faire un tout petit mouvement de poignet et d'avoir un tel impact. Les branches d'orties ne sont pas rigide, ça donne une espèce de mollesse au coup que je donne, là aussi, qui fait contraste si on sur Simon.

-Eh ben ? Qu'est-ce que tu remues ?
-Mais ça fait peur…

Je lui fais confiance, mais j'ai failli prendre les feuilles à mains nues pour vérifier si c'était bien urticant.
Les ampoules électriques du salon ne me suffisent pas, et je suis obligée de me pencher et de pousser Simon en posant ma main sur son bassin, pour que ses fesses soient éclairées au mieux par la lueur des flammes. 

Cette photo résume assez bien: du romantisme, la lueur des flammes, 
un jeune homme ultra-sexy... 
J'aime cette photo.
Cherchez pas.

Très honnêtement, il ne me manque plus qu'un flambeau pour remonter dans ma chambre, et je suis à deux doigts d'appeler Simon M. Rochester et lui demander s'il a pas une épouse cachée dans une des pièces du château.
Il ne se tortille pas pour rien, le pauvre amour. Il a effectivement des cloques, pas alarmantes, mais qui rappellent bien les orties.
Et comme il est tout sensible, la moindre claque un peu forte lui fait faire un bond. Ce qui parle beaucoup à mon côté sadique.

Il était temps d'aller nous coucher. Simon a fait du feu dans notre chambre, pendant que j'étais vautrée dans le lit à le regarder faire.
Je pourrais vous dire que, dans cet état de fièvre et d'excitation, nous avons fait sauvagement l'amour, éclairés par la seule lueur des flammes, que j'avais une superbe chemise de nuit XIXeme en dentelles, que Simon était nu.
Mais en fait, j'avais une chemise de nuit avec des chatons et un pull, et dans cet état de fièvre, je me suis endormie comme une masse. Avec la main posée sur les fesses de Simon, mais quand même. 

Constance Clairvaux

mercredi 8 octobre 2014

Légers et court-vêtus

Lorsque nous quittions Paris ce samedi, l'automne était encore très estival. Le lendemain, au réveil, les vitres étaient couvertes de gouttes de pluie projetées par le vent qui sentait bien octobre.
La rentrée, même universitaire, est presque finie.
Mais nous avons pris du retard. Il serait tentant de fêter la rentrée comme il se doit _ le souci, c'est que, une fois la vraie rentrée faite, nous n'avons plus beaucoup de temps pour jouer la rentrée perverse. En attendant, une solution s'impose – c'est de revoir quelques souvenirs de vacances.
Même si le blog a été à peu près silencieux pendant l'été, nous avons fait des bêtises en toute discrétion.
Nous avons déjà parlé de petits dessins que Constance a fait en mon absence – mais avant cela, il y a eu des sorties perverses.

Comme celle-ci. Cela fait un moment que nous connaissons l'endroit. Si on choisit bien le moment d'y aller – nous y sommes allés dans l'après-midi, en semaine – même en juillet on peut y être relativement tranquilles. Il n'y a guère que les locaux qui connaissent, les touristes vont ailleurs. Nous en profitons. On gare la voiture à l'écart de la route, et on s'engage dans un chemin qui longe le bord de l'étang. Dès la première clairière qui descend jusqu'au niveau de l'eau, les brins d'herbe perçant la surface presqu'immobile, il nous faut nous retenir de glousser. « Tu te souviens ? »
Bien sûr qu'on se souvient de ce qu'on a déjà fait à cet endroit même. Il faisait encore plus vide, un peu plus tard, et les promeneurs étaient déjà bien rares. Mais maintenant, ce sont les vacances. Nous n'allons pas prendre autant de risques.


C'est pas la tentation qui manque. « Tu imagines si, en vacances, tu étais surveillé par la tutrice pendant une promenade ? »
Cette discipline en vacances revient souvent. Ce serait un peu comme la salle des punis, mais en pleine nature. Ou alors, ce serait tout différent : non une punition ponctuelle, mais tout un séjour de vacances sous surveillance, avec une discipline stricte toujours présente. Si l'on finit toujours par imaginer la punition elle-même, au moins aussi troublante serait la possibilité toujours présente d'être puni.
De là, il est facile de dériver toute une hiérarchie. D'une part, ceux qui, comme moi, seraient toujours exposés à une punition. Traités comme des petits, il faudrait aussi qu'ils en aient, autant que possible, l'apparence, d'où, évidemment, des tenues imposées. Mais, dans la chaleur de l'été, les tenues de puni pourraient passer inaperçues à l'extérieur. Au-dessus, il y aurait ceux qui, un peu plus libres, seraient traités comme des grands – eux aussi passibles d'une bonne déculottée devant tout le monde, mais peut-être moins facilement, et avec plus de gêne. En plus de cela, ils pourraient, de temps en temps, surveiller les petits et glousser un peu, tout en compatissant, de leurs mésaventures.
Le propre du pervers, c'est que du fantasme, il passe à la réalité. Ce fantasme-là est un peu compliqué à mettre en place, mais suffisamment tentant pour qu'on essaye dès qu'une occasion se présente. Nous nous sommes donc exposés aux hordes de moustiques dans les forêts de l'Europe de l'Est, je me suis retrouvé tout nu au bord d'un lac, et nous avons bien failli nous faire surprendre dans une forêt française, dans un très bel endroit que nous avons en vain essayé de retrouver. Mais la solitude n'est jamais suffisante pour jouer comme on peut le faire dans la sécurité de notre studio parisien ; On voit toujours trop loin entre les arbres, il y a toujours une route suffisamment proche pour que le bruit des voitures rappelle la proximité de la civilisation, et il y a toujours quelque famille avec enfants braillards – si tout va bien ; bien plus inquiétant est une famille à vélo avec des enfants discrets et en forme. Peut-être qu'un jour nous aurons occasion de nous retrouver dans une vraie solitude – peut-être pyrénéenne, d'après les expériences d'Isabelle ? En attendant, nous essayons de profiter de petites occasions.
Il faisait beau ; la chaleur pesante avait laissé péniblement accomplir toutes les tâches nécessaires, comme tondre la pelouse jaunie. L'après-midi devait être pour nous. Nous nous apprêtions à prendre la voiture pour aller en balade dans un de ces recoins verts et vides que Constance a l'art de dénicher sur son atlas Michelin.
-Il faut qu'on emporte quelque chose, à part la bouteille d'eau ?
J'ai posé la question tout haut, comme si elle était tout à fait innocente. Mais les balades sont le moment de faire ce que la discrétion empêche de régler avant le coucher.
-Je vais voir.
Elle fait mine de cherche un accessoire banal, comme une crème solaire.
-On emporte le martinet ?
Elle hoche la tête.
-Au fait, dans l'étang, on peut se baigner ? Ce serait mieux d'emporter des serviettes.
Plus bas, elle me suggère de prendre de quoi me changer – par exemple ma culotte courte.
-Meuh ?
-Ben quoi ? Il fait chaud. Je suis sûre que personne ne soupçonnera rien. Pas même maman.
-Comment ça ?
-Tu vas te changer après la baignade ; ça sert à rien que tu te rechanges après. Alors tu vas rentrer en culotte courte.
Son regard est plus troche de « t'es pas cap' ? »
Mais si – la culotte courte se retrouve dans le sac. De toute manière, je serais mal placé pour rechigner, puisque j'avais déjà reçu une fessée ce matin-là, alors que la maman de Constance s'était absenté pour les courses.
-Alors, on a tout ?
-Oui !
Nous montons en voiture. La route est déjà connue, et, comme nous l'avons espéré, plutôt vide. Nous nous écartons des touristes. Sur l'aire de parking il n'y a qu'une seule autre voiture, ce qui n'est pas vraiment inquiétant. Des voix nous arrivent depuis l'autre rive du lac, où il y a une petite plage familiale connue des locaux, et un centre des loisirs. Des Optimist tournoient par là-bas, sans s'éloigner de la rive, et sans velléité manifeste d'aller voir de notre côté. Nous suivons le chemin encore un peu. La première fois que nous avons joué dans ce coin, nous avons fait presque le tour complet de l'étang à la recherche d'un endroit tranquille, peut-être d'une possibilité de nous écarter un peu de la rive. Il n'y en a pas, la forêt attenante est privée, mais les petites plages herbues sont relativement abritées. Nous nous installons tranquillement.
L'eau est bien chaude, et nous en profitons bien malgré les pierres qui parsèment le fond plutôt vaseux. Nous nageons vers le milieu du lac, puis retournons vers notre plage où les affaires attendent sans être inquiétées ; Constance sort de l'eau et m'attend pendant que je fais un tour à la nage jusqu'à la plage suivante. Quand je la rejoins, Constance est déjà sèche.
-C'était bien ?
-Plutôt.
-Tu n'as pas fait d'imprudences ?
-Mais non...
-Allez, viens par ici.
Frileux comme je suis, je suis enroulé dans la serviette, d'autant plus que le soleil est déjà plutôt bas, et nous sommes dans l'ombre. Mais la serviette ne recouvre pas mes fesses.
Elle me donne une bonne claque. Le tissu mouillé du caleçon qui me sert de maillot de bain (que j'ai évidemment oublié) absorbe le coup, mais de fines gouttelettes d'eau fraîche sont projetés sur tout mon dos.
-Tu as froid ?
-Ça va, pourquoi ?
-Si tu sortais de ce caleçon mouillé ?
Je m'enroule la serviette autour de la taille, puis m'exécute. Constance me place dos à l'étang, debout. Comme ça, je peux continuer à surveiller les abords, au cas où des promeneurs attardés passaient. Elle me fait ouvrir la serviette derrière moi. Je tends mes fesses nues au lac, mais à moins qu'il y ait sur la rive opposée un voyeur doté d'une bonne paire de jumelles, personne ne peut me voir. Si quelqu'un arrivait par le chemin, il suffirait de refermer la serviette, comme si je venais de la mettre.
-Vilain garçon !
La claque résonne dans le silence. Je sens encore les projections d'eau dans le bas de mon dos.
J'ai toujours apprécié la simple position debout. En apparence, elle n'est pas particulièrement humiliante, mais par sa simplicité, elle suggère une immédiateté de la punition qui tombe sans avertissement, comme elle pourrait tomber dans le contexte d'une discipline bien rodée. De plus, les claques poussent le puni vers l'avant et déstabilisent au sens propre, ce qui redouble le sentiment de vulnérabilité.
Ma fessée n'est pas très longue, et mes fesses ont déjà été bien plus rouges, mais le risque d'être surpris rajoute toujours une intensité. Difficile de me passer sur les genoux de Constance, comme je le mériterais, mais c'est pas grave – ce sera pour le retour, pour la fessée avant le coucher – avec un peu de chance.
On ne va pas se contenter des claques à la main, cependant. Je reçois la permission de refermer ma serviette, mais c'est pour aller chercher un joli bouquet de verges. Je m'éloigne un peu, mais les bouleaux ne sont jamais là quand on en a besoin, pas plus que les saules (et pourtant, on est au bord de l'eau...) ou les noisetiers. Nous n'avons qu'à nous rabattre sur une badine d'un arbre quelconque, à peu près droite.
-Maintenant, tu tends les fesses.


Elles sont très vite marquées de quelques marques éphémères mais bien sensibles.
-Bon. Tu te rhabilles ?
Évidemment, pour me rhabiller, je dois mettre la culotte courte.
-Pas trop gêné ?
La question n'est évidemment là que pour accroître la gêne. Mon t-shirt a été choisi en avance pour s'accorder bien avec une tenue de puni.
-Tu sais, je suis sûre que, même si on croise quelqu'un, les gens ne se douteront de rien.
Je l'espère moi aussi, mais quand même, je suis en tenue de puni, en culotte courte de gamin qui ne couvre pas mes cuisses épilées. Heureusement qu'elles ne sont pas rouges d'une fessée qui aurait débordé de la cible habituelle, comme c'est souvent le cas dans les histoires fantasmées – en pratique, les coups sur les cuisses font un peu trop mal sans l'effet troublant de ceux qui tombent sur les fesses.
J'étais parti en bermuda – qui apparemment ne fait déjà pas très adulte, je rentre en culotte de gamin. De plus, j'ai mis des converses (enfin, style) blanches que Constance trouve particulièrement infantilisantes, et moi assez pratiques. Au retour, je les ai à la main, puisque je suis, comme il se doit privé de chaussures jusqu'à la voiture. Et même pas le droit de les remettre si on croise quelqu'un, je dois rester pieds nus même s'il y a des promeneurs.
-Je suis sûre qu'ils ne seraient même pas surpris.


Peut-être pas, mais moi je sais que je suis puni devant tout le monde.
Le chemin de retour est à peu près désert. Je m'en écarte un peu pour fureter entre les branches des arbres qui bordent la rive de l'étang pas pour me cacher, mais parce que les petits graviers sur le chemin ne sont pas très confortables. Mais dans les branches, c'est plutôt mouillé, et les branches se sont trop denses pour passer, alors je n'ai qu'à revenir dans le droit chemin.


-Pas trop mal aux pattes ?
-Moins qu'aux fesses.
-Ooh, on dirait que je t'ai traumatisé. Allez, on n'est pas très loin de la voiture, on ne se cache pas.
Je n'ai pas tellement envie de me cacher. À vrai dire, avant de l'écrire il a fallu que je me fasse rappeler par Constance si on avait croisé quelqu'un : j'étais persuadé que oui, et que la personne est passé à côté de nous sans s'arrêter sur ma tenue d'écolier puni en promenade, et, bien sûr, sans se douter que mes fesses étaient striées de rouge sous la culotte courte en jean. En fait, il semblerait que non, il n'y a eu personne.
Nous arrivons alors à la voiture.
-Tu as la clé ?
-Oui, c'est bon.
C'est très étrange de sortir, comme si rien n'était, la clé de la voiture de la poche de sa culotte courte, alors que je sens encore les résultats de la fessée et que les brins d'herbe me chatouillent les pieds.
La voiture cligne de phares, et je lance le sac à dos sur la banquette arrière.
-Tiens, avant qu'on reparte...
La voiture qui était là au moment de notre arrivé n'est plus là. La route passe à côté de nous bien sûr, mais depuis une voiture, même roulant aux cinquante à l'heure, nous ne sommes réellement visibles que pendant un court moment. À peu près en sécurité, donc.
Or, j'ai toujours imaginé des punitions en voyage. Une punition comme suspendue dans l'air de l'habitacle de la voiture, en attente de réalisation à l'arrivée – ou lord d'une pause.
Une fessée annoncée – dès qu'on s'arrête. Pendant quelques kilomètre, on pourrait faire comme si rien n'était. Mais très vite, on finirait bien par épier tous les prétextes potentiels : et le carburant ? Il en reste pour combien de temps ? Et s'il faut s'arrêter pour en reprendre ? Ça veut dire que je vais avoir ma fessée dans une station essence ? Et ce bruit ? Et si quelqu'un a besoin d'une pause pipi ? Surtout si c'est moi (ou, en général, le personnage puni. Volontiers une fille, mais comme je m'identifie toujours aux punis, et que Constance s'amuse bien à me faire me projeter dans une fille, autant dire carrément « moi »). La tentation serait sans doute grande d'attendre, de faire comme si rien n'était... Reste qu'à un moment, il faudrait bien s'arrêter et prendre sa fessée. Et quitte ç avoir une fessée au bord de la route, il vaut mieux que ce soit dans un endroit désert. Alors – surtout si on connaît à peu près le trajet, il serait peut-être mieux de bien choisir le moment de demander une pause. Mais il ne serait pas facile de se décider...


Nous avons même essayé de mettre en place des punitions en voiture. Constance s'est déjà retrouvée privée de ses chaussures le temps d'un trajet – c'est facile à mettre en place, les chaussures de fille facilitent même la chose, et ça fait un certain effet. Puis, Constance a inventé la façon de mettre au piquet le vilain petit en voiture – cela consiste à l'obliger de passer le bras sous la ceinture de sécurité et rester bien droit, dos collé au siège. J'ai beaucoup aimé l'idée, mais difficulté, c'est que, lorsque nous sommes seuls tous les deux à nous balader dans la cambrousse, c'est moi qui tiens le volant. Ça limite les possibilités de punition en chemin. Sauf, bien sûr, quand on est à l'arrêt.
Ce n'est pas exactement une punition en route – il aurait pour ça fallu que Constance décide que j'ai mérité une punition, pourquoi pas pour m'être la enième fois trompé de chemin ou d'avoir mal compris ce qu'elle me disait de faire, puisqu'elle garde le Michelin – et que je sois puni dès qu'on a une occasion de faire une pause.
La difficulté supplémentaire est de trouver un endroit suffisamment à l'abri, ce qui n'est pas évident dans toutes les régions.
Mais si cela m'était arrivé ?
-Comment on fait ?
-Bah, pour ne pas prendre de risques j'aurais tendance à nous cacher derrière la portière.
Ce n'est pas exactement comme je l'imaginais : si Constance s'assied sur le siège devant, derrière la portière ouverte, il n'y a pas la place pour qu'elle me couche sur ses genoux.
Le mieux, c'est encore d'ouvrir la portière arrière, sur laquelle je m'installe, en laissant mes jambes dehors.
Personne alentour, on n'entend aucune voiture.
-Baisse ta culotte maintenant !


Je suis déculotté pour la deuxième fois cette journée. Constance s'approche et me cache de l'autre côté – il faudrait maintenant un sacré œil pour nous voir. Bien sûr, il est moins aisé d'être aussi confiant quand on a son caleçon aux chevilles, et les fesses nues tendues à l'extérieur.
Une nouvelle série de claques tombe sur mes fesses.
-Tu peux te rhabiller.
Je retourne et remonte en vitesse mon caleçon. Les parois de la voiture paraissent tout à coup très protectrices.
-On rentre ?
Constance s'installe à sa place habituelle, le Michelin sur les genoux.
-J'ai droit de remettre mes chaussures ?
-Bien sûr.
Je sais bien qu'il y a des gens qui aiment bien conduire pieds nus, mais je ne l'ai jamais fait. Et avec mes chaussures en toile blanches je n'ai pas l'air beaucoup plus sérieux.
-Mais tu gardes ta culotte courte.


Le temps du trajet, cela n'a pas beaucoup d'importance, tant que la peau de mes cuisses s'habitue au contact du siège.
En revanche, sortir de la voiture, une fois arrivés chez la maman de Constance, comme si rien n'était, c'est autre chose.
Constance raconte tranquillement que la baignade a été plaisante, l'eau chaude et les moustiques pas trop nombreux. Je reste là, à tout confirmer, puis je profite de la première occasion pour m'éclipser.

 Simon Pfeiffer

dimanche 28 septembre 2014

Constance et Simon deviennent schizophrènes

Cela fait un moment qu'on n'a rien publié. Pourtant, nous n'avons pas té tout à fait inactifs dans le domaine de la perversité, en dépit d'un quotidien plutôt chargé.  Comme notre quotidien ne risque pas de s'alléger bientôt, difficile de promettre une reprise durable - mais nous avons quelques petites réserves. Pour commencer, un petit texte assez intimiste que Constance m'avait demandé il y a quelques mois. L'idée m'a séduite au départ, puis la réalisation s'est avérée plus compliquée que prévu, et je ne peux pas dire que j'en suis entièrement satisfait. Tant pis!
A cette occasion, comme nous n'avons pas trouvé de photo qui irait bien, nous avons puisé dans les petits dessins que Constance a griffonné rapidement tout au long de l'été. Je les aime beaucoup et je serais assez partant pour en publier plus régulièrement sur ce blog; j'espère que vous serez du même avis.

-Tu ne trouves pas que je devrais passer sur tes genoux ?
Je ne vais pas refuser. Ce serait de toute façon trop tard : sans attendre que je réponde « Eh ben ? Tu penses que tu as été vilaine ? », Constance s'installe.
Je n'ai rien à faire, elle prévoit même le coussin pour sa tête.
Il y a encore quelques années, elle y croirait difficilement. Recevoir la fessée ne l'attirait pas, même si, avant notre rencontre, elle a fait une tentative plutôt décevante, pour avoir ce que ça fait.
-Voui.
Elle attend. Je regarde autour de moi pour repérer ce qui, à portée de main, pourrait servir d'instrument. En général, une brosse ou une spatule, parfois même le martinet, n'est pas loin.
Je commence à appliquer des claques à la main en espérant ne pas faire tomber Constance au moment de me pencher pour attraper l'instrument. Elle remue dès les premières claques, et couine avec pas mal de contentement.


Probablement, j'ai l'air moins content qu'elle. Non que je ne retire pas de satisfaction de cette punition improvisée – mais je me croyais plus vilain qu'elle.
Je me voyais déjà installé de force sur les genoux de Constance. Peut-être grondé d'abord, ou même envoyé au coin. Et puis, l'essentiel : la fessée déculottée. Mais ma fessée attendra, puisque, au lieu de jouer le vilain garçon puni, je dois encore rester sérieux et faire semblant d'être aussi adulte que les papiers officiels le diraient, et même plus sévère.
Constance n'était pas dans son assiette. Ce n'était pas de la culpabilité – ou peut-être si, puisque Constance culpabilise si facilement pour rien, et de préférence pour ce qui n'est pas du tout de sa faute. Mais elle est tendue.
Je ne tarde pas à soulever sa jupe, ou sa robe. Par exemple, cette robe rouge qu'elle portait aujourd'hui, d'un rouge très vif. Entre le rouge de la robe et celui du canapé sur lequel nous sommes installés, les fesses de Constance sont encore plutôt blanche. Et pourtant, elle râle, pour la forme :
-Meuh ? Je suis déjà déculottée ?
Bien sûr ! Si nous étions dans un scénario un peu plus élaboré, j'aurais sans doute retardé le moment. J'aurais volontiers appliqué un instrument avant le déculottage, et probablement pas un seul instrument, mais quelques-uns, à commencer par une brosse ou spatule, pas bien méchantes à travers les vêtements, pour monter vers les plus spectaculaires, le paddle en cuir avec son claquement encore plus impressionnant que la douleur qu'il provoque, la cravache ou encore la badine que je n'ose pas vraiment utiliser sur les fesses nues. Et j'aurais solennisé un peu plus le déculottage, en demandant à Constance de se lever avant.
Mais cela me paraît un peu trop long et trop artificiel. C'est à vrai dire ce que je pense mériter moi-même : plus que des fesses rouges, je sens le besoin de cette gêne de l'attente de la punition, de l'infantilisation qu'il y à être envoyé au coin, de toute la préparation. Mais Constance est déjà sur mes genoux, sans une longue préparation ou annonce.
J'accélère le rythme, en gardant un œil sur le visage de Constance. Elle sent passer cette fessée, peut-être même trop. Le but n'est pas de nous traumatiser mutuellement, et j'ai toujours l'angoisse d'y aller trop fort. En même temps, cela rappelle tellement ces jeunes filles punies qu'on imagine.
Plus encore celles des petites histoires improvisées alors qu'on fait l'amour que celles des récits du blog. Celles qui râlent un peu après leur punition, mais plutôt pour la forme, et la prennent gentiment – parce que c'est normal d'être punie quand on a fait une bêtise, et, justement, parce qu'après, on se sent mieux.
-Ooh, si mal que ça ? Ce n'est qu'une fessée à la main…
-Mais ça fait mal !
Deux autres claques tombent, et suscitent des couinement qui n'ont rien de feint. Dans nos récits, la fesseuse ne se serait pas arrêté pour cela. Alors, après un moment de pause, je continue, même si j'y vais moins fort. Elle se tient bien, et je risque même une série rapide, avant de me résoudre à me contorsionner à attraper un instrument.
Évidemment, dans les fantasmes ou les récits, la fessée n'est jamais vraiment improvisée, ou alors ce n'est que quelques claques à la main, au milieu d'une période de punition, mais c'est plutôt un jeune garçon qui me ressemble qui les reçoit. La tutrice imaginaire, ou mon double sévère, n'improvisent pas souvent – du coup, l’instrument est toujours là quand on en a besoin. Alors je fais semblant de maîtriser parfaitement la situation : je retiens Constance plus fort, d'un bras autour de sa taille, et je me penche pour attraper la cible. Ma punie se crispe, mais c'est tant mieux, c'est une position où seul mon bras la retient de tomber. Finalement, ça tombe bien.
Je ne m'imagine pas souvent en punisseur sévère – même si j'ai déjà raconté à Constance les fantasmes où je me projetais dans un personnage plutôt gentil, obligé d'administrer une punition à contre-cœur. Mais c'était assez risqué, je dérivais facilement du sujet principale de la fessée, puisque le seul moyen de sauver la qualité de gentil d'un tel personnage était qu'il prenne le côté de la punie et subvertisse la punition. Peu importe, il y a une solution qui, souvent, nous plaît le plus : c'est que nous soyons tous les deux des punis. Après tout, la tutrice – que nous avons durablement adoptée depuis que la rêverie du petit Pierre du Temps de l'innocence a donné forme aux nôtres – peut très bien avoir plusieurs punis à charge. Par exemple, un jeune garçon, flanqué d'une jeune fille plus grande, qui est chargé d'aider à lui donner la fessée en attendant de recevoir la sienne. Ou plutôt, comme nous dirions spontanément, d'aider le garçon à prendre sa fessée. Et pendant que la jeune fille est punie, les rôles s'inversent.
C'est alors le tour de Constance : je suis en punition aussi, mais ma fessée est en attente.
Qu'est-ce que ça fait de recevoir sa fessé devant un autre ? Mais ce garçon, c'est presque un gamin pour toi ?
Oh oui, ce serait très gênant. D'autant plus que la tutrice ferait bien attention à faire pleurer la punie – pour être sûre que toutes les défenses ont lâché. Cela revient systématiquement dans ce que l'on raconte, et pourtant, ni moi ne Constance n'aimerions faire pleurer l'autre.
-Je t'ai fait trop mal ?
La question est posée à voix basse, pour signaler qu'on est hors jeu, mais je suis vraiment inquiet et voyant le visage de Constance se crisper un peu trop.
-Mais non...
Pourtant, cela suffit pour que je n'ose pas continuer aussi fort qu'avant. Je sais déjà que la fessée avec un instrument lui fait souvent moins mal, alors j'applique une série avec un instrument pas trop dur - la brosse ou la spatule, ou la règle, si elle traîne assez près.
« Tu imagines si tu devais aller au coin devant tout le monde ? » Il y a toujours un « tout le monde » - en général, des jeunes filles confiées ensemble à une seule tutrice pour leur punition. Toujours aussi râleuses pour la forme et un peu goguenardes, habituées à la fessée et un peu seulement gênées de ce qu'elle comporte d'infantilisant. Le public idéal, toujours prêt à rigoler de ce qui arrive à leur camarade ou à un garçon un peu plus jeune qu'on a égaré parmi elles, et pas trop surprises de recevoir à leur tour des claques pour avoir manqué de solidarité.
« Et bien sûr, les fesses à l'air ». Pour un supplément de gêne que nous n'aurions jamais accepté en vrai, même lorsque, pour faire punition publique, je suis envoyé descendre les poubelles ou remonter le courrier pieds nus. 


« Mais je serais toute rouge ! »
« C'est le but. Comme ça tes joues seraient aussi rouges que tes fesses ».
« Mmmmh ! » La phrase est rituelle, mais elle entraîne toujours ce mouvement de surprise outrée – le même que la volée de claques rapides qui vient de tomber sur les fesses tendues de Constance. Elle remue à nouveau, peut-être autant que son double imaginaire.
-Tu crois que tu as appris ta leçon ?
Il n'y a rien eu à apprendre, mais ce n'est pas grave. Je suis à l'affût d'une provocation.
-Voui.
-Viens là. Tu veux un câlin ?
Constance se retourne et se roule en boule sur mes genoux.
-On dirait que tu as été sensible aujourd'hui ?
-Oui.
Je vois sa déception. C'est qu'il était déjà tard, et la journée avait été bien remplie : la fatigue n'aide pas à résister à la douleur. Sans cela, on aurait peut-être pu jouer plus longtemps. Mais, sous la main, je sens bien la chaleur de ses fesses.
-J'en avais besoin.
Et elle cache le visage dans ma poitrine, apaisée.

Simon Pfeiffer

vendredi 29 août 2014

Le top 10 des fessiers masculins que si y avait pas eu Simon, et avec une bonne machine à remonter dans le temps...

Chose promise, chose promise. J'ai pas le temps mais je vais vous le faire quand même. 
Replaçons nous en contexte. Depuis ma puberté, je fantasme quand même beaucoup sur les fessiers féminins et même sur des personnes de type féminin, et pourtant mon plus grand souhait pour l'avenir c'est de finir mes jours avec l'homme que j'aime, voilà ce que donne une éducation laxiste où personne ne vous apprend pas qu'une femme ça va avec un homme et un homme avec une femme. 
Pour vous situer, moi, ado, j'ai vu Le Port de l'angoisse en me disant que mon fantasme absolu était désormais d'être Humphrey Bogart, rapport à Lauren Bacall. (Tu seras mignon, gentil commentateur, d'éviter de me dire que depuis les années 40 Hollywood ne produit plus de femme fatale. Je vais t'envoyer visionner L.A. Confidential avec mon pied aux fesses, te voilà prévenu). 

Mais là n'est pas le propos. 
C'est vrai, je suis une femme qui donne la fessée (je te dis pas ce que ça fait entendre ou lire comme méchancetés sexistes. Pour certains, ça ne donne plus le droit de porter une jupe...), j'ai pris l'habitude de me défendre toute seule (bah tiens, y a rien de méchant quand quelqu'un te traite de "féministe de service" ou te dis que t'as aucun humour quand tu réponds à une énième connerie qu'on est plus sous Pétain), j'écris sur un blog qui s'appelle Rose Violette, le pseudo de mon fiancé avant de me connaître c'était un nom de fleur - masculin, mais de fleur, parce qu'il aime bien, mais si vous voulez que je vous parle de sa virilité y a pas de problème t'as vraiment cru que c'était une jambe - et ça lui a valu de se faire appeler "petite miss" par quelqu'un qui avait zappé la mention "homme" sur sa fiche. Quand tu vois le type blond viking avec les pommettes saillantes et quand tu le visualises dans son tas de bois avec sa machette, "petite miss" ça me cause toujours une vive hilarité.
Enfin ceci pour dire qu'il était plus que temps de faire remonter le taux de masculinité de ce blog, parce que je suis au commande jusqu'à la fin du mois, et que, sans contrefaçon... 
Pardon. 

Des fessiers masculins, donc. 
Car mon adolescence ne s'est pas contentée de Lauren Bacall, que nenni. Mon imaginaire a aussi été largement peuplé de personnages masculins, sans distinction de mort, de vivant, de vieux, de pas beau. C'est mes fantasmes, j'ai le droit. Comme j'ai le droit de vouloir me placer du côté qui tient le martinet, fille ou pas fille. Et j'ai le droit de m'affirmer en tant que telle.
Donc je vous ai préparé un top dix, histoire de rendre l'ensemble plus fun. Et en compte à rebours. Parce que. 

Numéro 10: 
 
Jean Jacques Rousseau
Ben c'est quand même celui qui a avoué que ça lui déplaisait pas, hein. Donc tant qu'à faire... En plus il a été suffisamment balaise pour l'avouer sans jamais écrire le mot fessée. Alors je sais pas quelles fesses il avait, mais rien que pour ça, j'aurais bien aimé être sa Mlle Goton, tiens. 
(j'ai eu une prof de littérature qui avait appelé son fils Jean Jacques juste parce que c'est un des plus grands écrivains du XVIIIeme, à vingt cinq mille coudées devant Voltaire, c'est vous dire si je suis de la bonne féministe élevée au grain). 

Numéro neuf: 
Maigrichon, fragile, dépressif, talentueux, et qui tient dans un mouchoir de poche... 
 
Viens voir Maman que j'te console, toi.
Ben oui. A onze ans, j'étais amoureuse de Ziggy Stardust et son kimono en satin blanc. 
C'est pas ma génération mais honnêtement, quand on fantasme sur un mec qui est mort avant Napoléon, on est plus à ça près...

Numéro huit
 
Eh ouais. Justement à cause de la séquence où il est allongé sur le lit au début du clip de Beat it.  (et puis moi ça m'arrange, c'est juste la période où il aurait dû arrêter les frais en matière de chirurgie esthétique). Sinon y a aussi la toute première fois où il a fait le Moonwalk à la télé, pour l'anecdote ce jour là il portait le gilet à paillettes de sa mère. 
(Ces deux derniers exemple montrent que mes goûts en matière de mode se sont construits lentement mais sûrement).

Numéro sept

 
Parce que tourner le dos aux gens qui vous méprisent c'est une des armes les plus efficaces qui soient. 
Parce que c'est aussi un des plus jolis fessiers de l'histoire du rock 'n roll. 
Et parce que chez moi, provocation n'est jamais loin de punition... 

Numéro six
Image illustrative de l'article Le Désespéré 
Déjà parce que son prénom c'était aussi Gustave et moi depuis Flaubert je fais aussi un blocage là dessus. 
Parce que j'ai un faible pour les jeunes hommes torturés qui ont besoin d'amour et de mains fermes. 
Parce que l'odeur de la térébenthine ça me rend toute chose.

Numéro cinq
Quitte à remonter dans le temps, autant vous dire que si j'avais vécu dans l'Antiquité, ça aurait chauffé dans les gymnases. 
 
(Dans les gynécées aussi, mais on parle de donner la fessée à des hommes, là). 

Numéro quatre
 
Alors, c'est qui lui?
Ben disons que là il était jeune sur cette photo. Après, il y a eu le désert, les conditions physiques assez complexes, et une vie sexuelle qui s'est résumée à deux viols. Si on ne compte pas le type à Oxford évidemment. 
Alors déjà, le vice anglais, c'est bien mon truc, j'aurais adoré être sa nurse, ou, au pire Gertrude Bell mais je reviendrais là dessus une autre fois. 
Et Vô NGuyen Giap disait qu'il avait Les Sept Piliers de la sagesse comme livre de chevet. Et il est mort a 102 ans après avoir mis leur pâtée à l'armée française ET à l'armée américaine. Total respect. 
Si. 
(pourquoi il est pas dans la liste si je l'aime autant? eh ben parce qu'on touche pas à Giap. C'est tout). 

Attation les oeils, on arrive à mon top trois. 
Numéro trois donc
 
Ai-je vraiment besoin d'expliquer? 
Oui?
Bon. 
Parce que premio niveau sexitude c'est un peu compliqué de trouver mieux, hein. 
Parce que ce pantalon en cuir, quoi. 
Là où Mick Jagger levait les yeux au ciel mais chantait quand même "Let spend some time together" à la place du "Let spend the night together", Morrison se pointe en fute en cuir sans caleçon laissant voir que... euh... t'as vraiment cru que c'était une jambe et ne touche pas à ses paroles parce que, bordel, les mots, c'est important, quand on les emploie c'est avec tout leur sens. Na mais ho. 
Parce que tu vas me lâcher ce LSD, ce hash et cet alcool ou tu vas sentir ma badine à travers ton pantalon, gamin. Viens voir Maman que je te console

Numéro deux
 
Eh bah ouais. Ok je sais aujourd'hui il a soixante six ans et plus de cheveux, mais sachez que j'en ai pas grand chose à braire (honnêtement, les cheveux de Courbet, aujourd'hui...). 
Mais bon. En 1978 il était méchamment beau gosse quand même. 
Et puis bon:
Lire, c'est se laisser emporter. C'est une perte de contrôle, une désorientation qui peut tout à fait angoisser des êtres humains. Tout le monde n'est pas capable de perdre le nord. Lire est tout sauf une expérience tranquille. C'est une exploration périlleuse qui provoque des lésions bien réelles, et perturbe l'intégration dans la société. Je n'oppose pas lire et vivre. Mais il faut savoir qu'on lit à ses risques et périls.  
Alors là toi je t'aime, toi. 
(on va pas se mentir. Simon est le garçon de mon entourage le plus proche de cet homme fantasmé). 

Et puis le numéro 1, vous le voyez venir depuis le début si vous me connaissez un peu... 
 
Tâ- dam. 
Blond, les yeux verts, les pommettes saillantes, d'Europe de l'Est mais suffisamment pour pas être apprécié des Russes de souche - ou du moins qui se voient comme tels. Ouais, il est pas Russe en vrai, il est Tatar. Mais ce que j'en dis, hein. 
En regardant un documentaire une fois, j'ai vu un prof de danse qui expliquait que, quand on regarde des photos de Noureev enfant, on constate que physiquement, il était pas fait pour la danse. Un caractère un peu moins tête de mule, et il n'aurait jamais été le danseur qu'il est devenu. Ses pieds n'allaient pas, ses jambes étaient arquées, son torse était trop large: eh ben à force de travail, dans ta face la nature! 
Si y a bien un truc que je surkiffe, c'est les bonnes grosses têtes de mule. 
(Alors que les gens bornés qui te ressortent les mêmes conneries alors même que ton argumentation est inébranlable, bizarrement, j'apprécie beaucoup moins). 
Et la danse classique, ça vous sculpte quand même des fesses de ouf. 
Double bonus. 
Je sais pas si j'aurais préféré lui servir de gouvernante ou de prof de danse, à lui, tiens. 

Enfin je suis pas mécontente que mon fiancé soit une sorte de mix entre les deux premiers de mon top 10, et surtout qu'il ne se mette aucune des substances bizarres du troisième dans le nez. 

Constance Clairvaux