mercredi 8 octobre 2014

Légers et court-vêtus

Lorsque nous quittions Paris ce samedi, l'automne était encore très estival. Le lendemain, au réveil, les vitres étaient couvertes de gouttes de pluie projetées par le vent qui sentait bien octobre.
La rentrée, même universitaire, est presque finie.
Mais nous avons pris du retard. Il serait tentant de fêter la rentrée comme il se doit _ le souci, c'est que, une fois la vraie rentrée faite, nous n'avons plus beaucoup de temps pour jouer la rentrée perverse. En attendant, une solution s'impose – c'est de revoir quelques souvenirs de vacances.
Même si le blog a été à peu près silencieux pendant l'été, nous avons fait des bêtises en toute discrétion.
Nous avons déjà parlé de petits dessins que Constance a fait en mon absence – mais avant cela, il y a eu des sorties perverses.

Comme celle-ci. Cela fait un moment que nous connaissons l'endroit. Si on choisit bien le moment d'y aller – nous y sommes allés dans l'après-midi, en semaine – même en juillet on peut y être relativement tranquilles. Il n'y a guère que les locaux qui connaissent, les touristes vont ailleurs. Nous en profitons. On gare la voiture à l'écart de la route, et on s'engage dans un chemin qui longe le bord de l'étang. Dès la première clairière qui descend jusqu'au niveau de l'eau, les brins d'herbe perçant la surface presqu'immobile, il nous faut nous retenir de glousser. « Tu te souviens ? »
Bien sûr qu'on se souvient de ce qu'on a déjà fait à cet endroit même. Il faisait encore plus vide, un peu plus tard, et les promeneurs étaient déjà bien rares. Mais maintenant, ce sont les vacances. Nous n'allons pas prendre autant de risques.


C'est pas la tentation qui manque. « Tu imagines si, en vacances, tu étais surveillé par la tutrice pendant une promenade ? »
Cette discipline en vacances revient souvent. Ce serait un peu comme la salle des punis, mais en pleine nature. Ou alors, ce serait tout différent : non une punition ponctuelle, mais tout un séjour de vacances sous surveillance, avec une discipline stricte toujours présente. Si l'on finit toujours par imaginer la punition elle-même, au moins aussi troublante serait la possibilité toujours présente d'être puni.
De là, il est facile de dériver toute une hiérarchie. D'une part, ceux qui, comme moi, seraient toujours exposés à une punition. Traités comme des petits, il faudrait aussi qu'ils en aient, autant que possible, l'apparence, d'où, évidemment, des tenues imposées. Mais, dans la chaleur de l'été, les tenues de puni pourraient passer inaperçues à l'extérieur. Au-dessus, il y aurait ceux qui, un peu plus libres, seraient traités comme des grands – eux aussi passibles d'une bonne déculottée devant tout le monde, mais peut-être moins facilement, et avec plus de gêne. En plus de cela, ils pourraient, de temps en temps, surveiller les petits et glousser un peu, tout en compatissant, de leurs mésaventures.
Le propre du pervers, c'est que du fantasme, il passe à la réalité. Ce fantasme-là est un peu compliqué à mettre en place, mais suffisamment tentant pour qu'on essaye dès qu'une occasion se présente. Nous nous sommes donc exposés aux hordes de moustiques dans les forêts de l'Europe de l'Est, je me suis retrouvé tout nu au bord d'un lac, et nous avons bien failli nous faire surprendre dans une forêt française, dans un très bel endroit que nous avons en vain essayé de retrouver. Mais la solitude n'est jamais suffisante pour jouer comme on peut le faire dans la sécurité de notre studio parisien ; On voit toujours trop loin entre les arbres, il y a toujours une route suffisamment proche pour que le bruit des voitures rappelle la proximité de la civilisation, et il y a toujours quelque famille avec enfants braillards – si tout va bien ; bien plus inquiétant est une famille à vélo avec des enfants discrets et en forme. Peut-être qu'un jour nous aurons occasion de nous retrouver dans une vraie solitude – peut-être pyrénéenne, d'après les expériences d'Isabelle ? En attendant, nous essayons de profiter de petites occasions.
Il faisait beau ; la chaleur pesante avait laissé péniblement accomplir toutes les tâches nécessaires, comme tondre la pelouse jaunie. L'après-midi devait être pour nous. Nous nous apprêtions à prendre la voiture pour aller en balade dans un de ces recoins verts et vides que Constance a l'art de dénicher sur son atlas Michelin.
-Il faut qu'on emporte quelque chose, à part la bouteille d'eau ?
J'ai posé la question tout haut, comme si elle était tout à fait innocente. Mais les balades sont le moment de faire ce que la discrétion empêche de régler avant le coucher.
-Je vais voir.
Elle fait mine de cherche un accessoire banal, comme une crème solaire.
-On emporte le martinet ?
Elle hoche la tête.
-Au fait, dans l'étang, on peut se baigner ? Ce serait mieux d'emporter des serviettes.
Plus bas, elle me suggère de prendre de quoi me changer – par exemple ma culotte courte.
-Meuh ?
-Ben quoi ? Il fait chaud. Je suis sûre que personne ne soupçonnera rien. Pas même maman.
-Comment ça ?
-Tu vas te changer après la baignade ; ça sert à rien que tu te rechanges après. Alors tu vas rentrer en culotte courte.
Son regard est plus troche de « t'es pas cap' ? »
Mais si – la culotte courte se retrouve dans le sac. De toute manière, je serais mal placé pour rechigner, puisque j'avais déjà reçu une fessée ce matin-là, alors que la maman de Constance s'était absenté pour les courses.
-Alors, on a tout ?
-Oui !
Nous montons en voiture. La route est déjà connue, et, comme nous l'avons espéré, plutôt vide. Nous nous écartons des touristes. Sur l'aire de parking il n'y a qu'une seule autre voiture, ce qui n'est pas vraiment inquiétant. Des voix nous arrivent depuis l'autre rive du lac, où il y a une petite plage familiale connue des locaux, et un centre des loisirs. Des Optimist tournoient par là-bas, sans s'éloigner de la rive, et sans velléité manifeste d'aller voir de notre côté. Nous suivons le chemin encore un peu. La première fois que nous avons joué dans ce coin, nous avons fait presque le tour complet de l'étang à la recherche d'un endroit tranquille, peut-être d'une possibilité de nous écarter un peu de la rive. Il n'y en a pas, la forêt attenante est privée, mais les petites plages herbues sont relativement abritées. Nous nous installons tranquillement.
L'eau est bien chaude, et nous en profitons bien malgré les pierres qui parsèment le fond plutôt vaseux. Nous nageons vers le milieu du lac, puis retournons vers notre plage où les affaires attendent sans être inquiétées ; Constance sort de l'eau et m'attend pendant que je fais un tour à la nage jusqu'à la plage suivante. Quand je la rejoins, Constance est déjà sèche.
-C'était bien ?
-Plutôt.
-Tu n'as pas fait d'imprudences ?
-Mais non...
-Allez, viens par ici.
Frileux comme je suis, je suis enroulé dans la serviette, d'autant plus que le soleil est déjà plutôt bas, et nous sommes dans l'ombre. Mais la serviette ne recouvre pas mes fesses.
Elle me donne une bonne claque. Le tissu mouillé du caleçon qui me sert de maillot de bain (que j'ai évidemment oublié) absorbe le coup, mais de fines gouttelettes d'eau fraîche sont projetés sur tout mon dos.
-Tu as froid ?
-Ça va, pourquoi ?
-Si tu sortais de ce caleçon mouillé ?
Je m'enroule la serviette autour de la taille, puis m'exécute. Constance me place dos à l'étang, debout. Comme ça, je peux continuer à surveiller les abords, au cas où des promeneurs attardés passaient. Elle me fait ouvrir la serviette derrière moi. Je tends mes fesses nues au lac, mais à moins qu'il y ait sur la rive opposée un voyeur doté d'une bonne paire de jumelles, personne ne peut me voir. Si quelqu'un arrivait par le chemin, il suffirait de refermer la serviette, comme si je venais de la mettre.
-Vilain garçon !
La claque résonne dans le silence. Je sens encore les projections d'eau dans le bas de mon dos.
J'ai toujours apprécié la simple position debout. En apparence, elle n'est pas particulièrement humiliante, mais par sa simplicité, elle suggère une immédiateté de la punition qui tombe sans avertissement, comme elle pourrait tomber dans le contexte d'une discipline bien rodée. De plus, les claques poussent le puni vers l'avant et déstabilisent au sens propre, ce qui redouble le sentiment de vulnérabilité.
Ma fessée n'est pas très longue, et mes fesses ont déjà été bien plus rouges, mais le risque d'être surpris rajoute toujours une intensité. Difficile de me passer sur les genoux de Constance, comme je le mériterais, mais c'est pas grave – ce sera pour le retour, pour la fessée avant le coucher – avec un peu de chance.
On ne va pas se contenter des claques à la main, cependant. Je reçois la permission de refermer ma serviette, mais c'est pour aller chercher un joli bouquet de verges. Je m'éloigne un peu, mais les bouleaux ne sont jamais là quand on en a besoin, pas plus que les saules (et pourtant, on est au bord de l'eau...) ou les noisetiers. Nous n'avons qu'à nous rabattre sur une badine d'un arbre quelconque, à peu près droite.
-Maintenant, tu tends les fesses.


Elles sont très vite marquées de quelques marques éphémères mais bien sensibles.
-Bon. Tu te rhabilles ?
Évidemment, pour me rhabiller, je dois mettre la culotte courte.
-Pas trop gêné ?
La question n'est évidemment là que pour accroître la gêne. Mon t-shirt a été choisi en avance pour s'accorder bien avec une tenue de puni.
-Tu sais, je suis sûre que, même si on croise quelqu'un, les gens ne se douteront de rien.
Je l'espère moi aussi, mais quand même, je suis en tenue de puni, en culotte courte de gamin qui ne couvre pas mes cuisses épilées. Heureusement qu'elles ne sont pas rouges d'une fessée qui aurait débordé de la cible habituelle, comme c'est souvent le cas dans les histoires fantasmées – en pratique, les coups sur les cuisses font un peu trop mal sans l'effet troublant de ceux qui tombent sur les fesses.
J'étais parti en bermuda – qui apparemment ne fait déjà pas très adulte, je rentre en culotte de gamin. De plus, j'ai mis des converses (enfin, style) blanches que Constance trouve particulièrement infantilisantes, et moi assez pratiques. Au retour, je les ai à la main, puisque je suis, comme il se doit privé de chaussures jusqu'à la voiture. Et même pas le droit de les remettre si on croise quelqu'un, je dois rester pieds nus même s'il y a des promeneurs.
-Je suis sûre qu'ils ne seraient même pas surpris.


Peut-être pas, mais moi je sais que je suis puni devant tout le monde.
Le chemin de retour est à peu près désert. Je m'en écarte un peu pour fureter entre les branches des arbres qui bordent la rive de l'étang pas pour me cacher, mais parce que les petits graviers sur le chemin ne sont pas très confortables. Mais dans les branches, c'est plutôt mouillé, et les branches se sont trop denses pour passer, alors je n'ai qu'à revenir dans le droit chemin.


-Pas trop mal aux pattes ?
-Moins qu'aux fesses.
-Ooh, on dirait que je t'ai traumatisé. Allez, on n'est pas très loin de la voiture, on ne se cache pas.
Je n'ai pas tellement envie de me cacher. À vrai dire, avant de l'écrire il a fallu que je me fasse rappeler par Constance si on avait croisé quelqu'un : j'étais persuadé que oui, et que la personne est passé à côté de nous sans s'arrêter sur ma tenue d'écolier puni en promenade, et, bien sûr, sans se douter que mes fesses étaient striées de rouge sous la culotte courte en jean. En fait, il semblerait que non, il n'y a eu personne.
Nous arrivons alors à la voiture.
-Tu as la clé ?
-Oui, c'est bon.
C'est très étrange de sortir, comme si rien n'était, la clé de la voiture de la poche de sa culotte courte, alors que je sens encore les résultats de la fessée et que les brins d'herbe me chatouillent les pieds.
La voiture cligne de phares, et je lance le sac à dos sur la banquette arrière.
-Tiens, avant qu'on reparte...
La voiture qui était là au moment de notre arrivé n'est plus là. La route passe à côté de nous bien sûr, mais depuis une voiture, même roulant aux cinquante à l'heure, nous ne sommes réellement visibles que pendant un court moment. À peu près en sécurité, donc.
Or, j'ai toujours imaginé des punitions en voyage. Une punition comme suspendue dans l'air de l'habitacle de la voiture, en attente de réalisation à l'arrivée – ou lord d'une pause.
Une fessée annoncée – dès qu'on s'arrête. Pendant quelques kilomètre, on pourrait faire comme si rien n'était. Mais très vite, on finirait bien par épier tous les prétextes potentiels : et le carburant ? Il en reste pour combien de temps ? Et s'il faut s'arrêter pour en reprendre ? Ça veut dire que je vais avoir ma fessée dans une station essence ? Et ce bruit ? Et si quelqu'un a besoin d'une pause pipi ? Surtout si c'est moi (ou, en général, le personnage puni. Volontiers une fille, mais comme je m'identifie toujours aux punis, et que Constance s'amuse bien à me faire me projeter dans une fille, autant dire carrément « moi »). La tentation serait sans doute grande d'attendre, de faire comme si rien n'était... Reste qu'à un moment, il faudrait bien s'arrêter et prendre sa fessée. Et quitte ç avoir une fessée au bord de la route, il vaut mieux que ce soit dans un endroit désert. Alors – surtout si on connaît à peu près le trajet, il serait peut-être mieux de bien choisir le moment de demander une pause. Mais il ne serait pas facile de se décider...


Nous avons même essayé de mettre en place des punitions en voiture. Constance s'est déjà retrouvée privée de ses chaussures le temps d'un trajet – c'est facile à mettre en place, les chaussures de fille facilitent même la chose, et ça fait un certain effet. Puis, Constance a inventé la façon de mettre au piquet le vilain petit en voiture – cela consiste à l'obliger de passer le bras sous la ceinture de sécurité et rester bien droit, dos collé au siège. J'ai beaucoup aimé l'idée, mais difficulté, c'est que, lorsque nous sommes seuls tous les deux à nous balader dans la cambrousse, c'est moi qui tiens le volant. Ça limite les possibilités de punition en chemin. Sauf, bien sûr, quand on est à l'arrêt.
Ce n'est pas exactement une punition en route – il aurait pour ça fallu que Constance décide que j'ai mérité une punition, pourquoi pas pour m'être la enième fois trompé de chemin ou d'avoir mal compris ce qu'elle me disait de faire, puisqu'elle garde le Michelin – et que je sois puni dès qu'on a une occasion de faire une pause.
La difficulté supplémentaire est de trouver un endroit suffisamment à l'abri, ce qui n'est pas évident dans toutes les régions.
Mais si cela m'était arrivé ?
-Comment on fait ?
-Bah, pour ne pas prendre de risques j'aurais tendance à nous cacher derrière la portière.
Ce n'est pas exactement comme je l'imaginais : si Constance s'assied sur le siège devant, derrière la portière ouverte, il n'y a pas la place pour qu'elle me couche sur ses genoux.
Le mieux, c'est encore d'ouvrir la portière arrière, sur laquelle je m'installe, en laissant mes jambes dehors.
Personne alentour, on n'entend aucune voiture.
-Baisse ta culotte maintenant !


Je suis déculotté pour la deuxième fois cette journée. Constance s'approche et me cache de l'autre côté – il faudrait maintenant un sacré œil pour nous voir. Bien sûr, il est moins aisé d'être aussi confiant quand on a son caleçon aux chevilles, et les fesses nues tendues à l'extérieur.
Une nouvelle série de claques tombe sur mes fesses.
-Tu peux te rhabiller.
Je retourne et remonte en vitesse mon caleçon. Les parois de la voiture paraissent tout à coup très protectrices.
-On rentre ?
Constance s'installe à sa place habituelle, le Michelin sur les genoux.
-J'ai droit de remettre mes chaussures ?
-Bien sûr.
Je sais bien qu'il y a des gens qui aiment bien conduire pieds nus, mais je ne l'ai jamais fait. Et avec mes chaussures en toile blanches je n'ai pas l'air beaucoup plus sérieux.
-Mais tu gardes ta culotte courte.


Le temps du trajet, cela n'a pas beaucoup d'importance, tant que la peau de mes cuisses s'habitue au contact du siège.
En revanche, sortir de la voiture, une fois arrivés chez la maman de Constance, comme si rien n'était, c'est autre chose.
Constance raconte tranquillement que la baignade a été plaisante, l'eau chaude et les moustiques pas trop nombreux. Je reste là, à tout confirmer, puis je profite de la première occasion pour m'éclipser.

 Simon Pfeiffer

dimanche 28 septembre 2014

Constance et Simon deviennent schizophrènes

Cela fait un moment qu'on n'a rien publié. Pourtant, nous n'avons pas té tout à fait inactifs dans le domaine de la perversité, en dépit d'un quotidien plutôt chargé.  Comme notre quotidien ne risque pas de s'alléger bientôt, difficile de promettre une reprise durable - mais nous avons quelques petites réserves. Pour commencer, un petit texte assez intimiste que Constance m'avait demandé il y a quelques mois. L'idée m'a séduite au départ, puis la réalisation s'est avérée plus compliquée que prévu, et je ne peux pas dire que j'en suis entièrement satisfait. Tant pis!
A cette occasion, comme nous n'avons pas trouvé de photo qui irait bien, nous avons puisé dans les petits dessins que Constance a griffonné rapidement tout au long de l'été. Je les aime beaucoup et je serais assez partant pour en publier plus régulièrement sur ce blog; j'espère que vous serez du même avis.

-Tu ne trouves pas que je devrais passer sur tes genoux ?
Je ne vais pas refuser. Ce serait de toute façon trop tard : sans attendre que je réponde « Eh ben ? Tu penses que tu as été vilaine ? », Constance s'installe.
Je n'ai rien à faire, elle prévoit même le coussin pour sa tête.
Il y a encore quelques années, elle y croirait difficilement. Recevoir la fessée ne l'attirait pas, même si, avant notre rencontre, elle a fait une tentative plutôt décevante, pour avoir ce que ça fait.
-Voui.
Elle attend. Je regarde autour de moi pour repérer ce qui, à portée de main, pourrait servir d'instrument. En général, une brosse ou une spatule, parfois même le martinet, n'est pas loin.
Je commence à appliquer des claques à la main en espérant ne pas faire tomber Constance au moment de me pencher pour attraper l'instrument. Elle remue dès les premières claques, et couine avec pas mal de contentement.


Probablement, j'ai l'air moins content qu'elle. Non que je ne retire pas de satisfaction de cette punition improvisée – mais je me croyais plus vilain qu'elle.
Je me voyais déjà installé de force sur les genoux de Constance. Peut-être grondé d'abord, ou même envoyé au coin. Et puis, l'essentiel : la fessée déculottée. Mais ma fessée attendra, puisque, au lieu de jouer le vilain garçon puni, je dois encore rester sérieux et faire semblant d'être aussi adulte que les papiers officiels le diraient, et même plus sévère.
Constance n'était pas dans son assiette. Ce n'était pas de la culpabilité – ou peut-être si, puisque Constance culpabilise si facilement pour rien, et de préférence pour ce qui n'est pas du tout de sa faute. Mais elle est tendue.
Je ne tarde pas à soulever sa jupe, ou sa robe. Par exemple, cette robe rouge qu'elle portait aujourd'hui, d'un rouge très vif. Entre le rouge de la robe et celui du canapé sur lequel nous sommes installés, les fesses de Constance sont encore plutôt blanche. Et pourtant, elle râle, pour la forme :
-Meuh ? Je suis déjà déculottée ?
Bien sûr ! Si nous étions dans un scénario un peu plus élaboré, j'aurais sans doute retardé le moment. J'aurais volontiers appliqué un instrument avant le déculottage, et probablement pas un seul instrument, mais quelques-uns, à commencer par une brosse ou spatule, pas bien méchantes à travers les vêtements, pour monter vers les plus spectaculaires, le paddle en cuir avec son claquement encore plus impressionnant que la douleur qu'il provoque, la cravache ou encore la badine que je n'ose pas vraiment utiliser sur les fesses nues. Et j'aurais solennisé un peu plus le déculottage, en demandant à Constance de se lever avant.
Mais cela me paraît un peu trop long et trop artificiel. C'est à vrai dire ce que je pense mériter moi-même : plus que des fesses rouges, je sens le besoin de cette gêne de l'attente de la punition, de l'infantilisation qu'il y à être envoyé au coin, de toute la préparation. Mais Constance est déjà sur mes genoux, sans une longue préparation ou annonce.
J'accélère le rythme, en gardant un œil sur le visage de Constance. Elle sent passer cette fessée, peut-être même trop. Le but n'est pas de nous traumatiser mutuellement, et j'ai toujours l'angoisse d'y aller trop fort. En même temps, cela rappelle tellement ces jeunes filles punies qu'on imagine.
Plus encore celles des petites histoires improvisées alors qu'on fait l'amour que celles des récits du blog. Celles qui râlent un peu après leur punition, mais plutôt pour la forme, et la prennent gentiment – parce que c'est normal d'être punie quand on a fait une bêtise, et, justement, parce qu'après, on se sent mieux.
-Ooh, si mal que ça ? Ce n'est qu'une fessée à la main…
-Mais ça fait mal !
Deux autres claques tombent, et suscitent des couinement qui n'ont rien de feint. Dans nos récits, la fesseuse ne se serait pas arrêté pour cela. Alors, après un moment de pause, je continue, même si j'y vais moins fort. Elle se tient bien, et je risque même une série rapide, avant de me résoudre à me contorsionner à attraper un instrument.
Évidemment, dans les fantasmes ou les récits, la fessée n'est jamais vraiment improvisée, ou alors ce n'est que quelques claques à la main, au milieu d'une période de punition, mais c'est plutôt un jeune garçon qui me ressemble qui les reçoit. La tutrice imaginaire, ou mon double sévère, n'improvisent pas souvent – du coup, l’instrument est toujours là quand on en a besoin. Alors je fais semblant de maîtriser parfaitement la situation : je retiens Constance plus fort, d'un bras autour de sa taille, et je me penche pour attraper la cible. Ma punie se crispe, mais c'est tant mieux, c'est une position où seul mon bras la retient de tomber. Finalement, ça tombe bien.
Je ne m'imagine pas souvent en punisseur sévère – même si j'ai déjà raconté à Constance les fantasmes où je me projetais dans un personnage plutôt gentil, obligé d'administrer une punition à contre-cœur. Mais c'était assez risqué, je dérivais facilement du sujet principale de la fessée, puisque le seul moyen de sauver la qualité de gentil d'un tel personnage était qu'il prenne le côté de la punie et subvertisse la punition. Peu importe, il y a une solution qui, souvent, nous plaît le plus : c'est que nous soyons tous les deux des punis. Après tout, la tutrice – que nous avons durablement adoptée depuis que la rêverie du petit Pierre du Temps de l'innocence a donné forme aux nôtres – peut très bien avoir plusieurs punis à charge. Par exemple, un jeune garçon, flanqué d'une jeune fille plus grande, qui est chargé d'aider à lui donner la fessée en attendant de recevoir la sienne. Ou plutôt, comme nous dirions spontanément, d'aider le garçon à prendre sa fessée. Et pendant que la jeune fille est punie, les rôles s'inversent.
C'est alors le tour de Constance : je suis en punition aussi, mais ma fessée est en attente.
Qu'est-ce que ça fait de recevoir sa fessé devant un autre ? Mais ce garçon, c'est presque un gamin pour toi ?
Oh oui, ce serait très gênant. D'autant plus que la tutrice ferait bien attention à faire pleurer la punie – pour être sûre que toutes les défenses ont lâché. Cela revient systématiquement dans ce que l'on raconte, et pourtant, ni moi ne Constance n'aimerions faire pleurer l'autre.
-Je t'ai fait trop mal ?
La question est posée à voix basse, pour signaler qu'on est hors jeu, mais je suis vraiment inquiet et voyant le visage de Constance se crisper un peu trop.
-Mais non...
Pourtant, cela suffit pour que je n'ose pas continuer aussi fort qu'avant. Je sais déjà que la fessée avec un instrument lui fait souvent moins mal, alors j'applique une série avec un instrument pas trop dur - la brosse ou la spatule, ou la règle, si elle traîne assez près.
« Tu imagines si tu devais aller au coin devant tout le monde ? » Il y a toujours un « tout le monde » - en général, des jeunes filles confiées ensemble à une seule tutrice pour leur punition. Toujours aussi râleuses pour la forme et un peu goguenardes, habituées à la fessée et un peu seulement gênées de ce qu'elle comporte d'infantilisant. Le public idéal, toujours prêt à rigoler de ce qui arrive à leur camarade ou à un garçon un peu plus jeune qu'on a égaré parmi elles, et pas trop surprises de recevoir à leur tour des claques pour avoir manqué de solidarité.
« Et bien sûr, les fesses à l'air ». Pour un supplément de gêne que nous n'aurions jamais accepté en vrai, même lorsque, pour faire punition publique, je suis envoyé descendre les poubelles ou remonter le courrier pieds nus. 


« Mais je serais toute rouge ! »
« C'est le but. Comme ça tes joues seraient aussi rouges que tes fesses ».
« Mmmmh ! » La phrase est rituelle, mais elle entraîne toujours ce mouvement de surprise outrée – le même que la volée de claques rapides qui vient de tomber sur les fesses tendues de Constance. Elle remue à nouveau, peut-être autant que son double imaginaire.
-Tu crois que tu as appris ta leçon ?
Il n'y a rien eu à apprendre, mais ce n'est pas grave. Je suis à l'affût d'une provocation.
-Voui.
-Viens là. Tu veux un câlin ?
Constance se retourne et se roule en boule sur mes genoux.
-On dirait que tu as été sensible aujourd'hui ?
-Oui.
Je vois sa déception. C'est qu'il était déjà tard, et la journée avait été bien remplie : la fatigue n'aide pas à résister à la douleur. Sans cela, on aurait peut-être pu jouer plus longtemps. Mais, sous la main, je sens bien la chaleur de ses fesses.
-J'en avais besoin.
Et elle cache le visage dans ma poitrine, apaisée.

Simon Pfeiffer

vendredi 29 août 2014

Le top 10 des fessiers masculins que si y avait pas eu Simon, et avec une bonne machine à remonter dans le temps...

Chose promise, chose promise. J'ai pas le temps mais je vais vous le faire quand même. 
Replaçons nous en contexte. Depuis ma puberté, je fantasme quand même beaucoup sur les fessiers féminins et même sur des personnes de type féminin, et pourtant mon plus grand souhait pour l'avenir c'est de finir mes jours avec l'homme que j'aime, voilà ce que donne une éducation laxiste où personne ne vous apprend pas qu'une femme ça va avec un homme et un homme avec une femme. 
Pour vous situer, moi, ado, j'ai vu Le Port de l'angoisse en me disant que mon fantasme absolu était désormais d'être Humphrey Bogart, rapport à Lauren Bacall. (Tu seras mignon, gentil commentateur, d'éviter de me dire que depuis les années 40 Hollywood ne produit plus de femme fatale. Je vais t'envoyer visionner L.A. Confidential avec mon pied aux fesses, te voilà prévenu). 

Mais là n'est pas le propos. 
C'est vrai, je suis une femme qui donne la fessée (je te dis pas ce que ça fait entendre ou lire comme méchancetés sexistes. Pour certains, ça ne donne plus le droit de porter une jupe...), j'ai pris l'habitude de me défendre toute seule (bah tiens, y a rien de méchant quand quelqu'un te traite de "féministe de service" ou te dis que t'as aucun humour quand tu réponds à une énième connerie qu'on est plus sous Pétain), j'écris sur un blog qui s'appelle Rose Violette, le pseudo de mon fiancé avant de me connaître c'était un nom de fleur - masculin, mais de fleur, parce qu'il aime bien, mais si vous voulez que je vous parle de sa virilité y a pas de problème t'as vraiment cru que c'était une jambe - et ça lui a valu de se faire appeler "petite miss" par quelqu'un qui avait zappé la mention "homme" sur sa fiche. Quand tu vois le type blond viking avec les pommettes saillantes et quand tu le visualises dans son tas de bois avec sa machette, "petite miss" ça me cause toujours une vive hilarité.
Enfin ceci pour dire qu'il était plus que temps de faire remonter le taux de masculinité de ce blog, parce que je suis au commande jusqu'à la fin du mois, et que, sans contrefaçon... 
Pardon. 

Des fessiers masculins, donc. 
Car mon adolescence ne s'est pas contentée de Lauren Bacall, que nenni. Mon imaginaire a aussi été largement peuplé de personnages masculins, sans distinction de mort, de vivant, de vieux, de pas beau. C'est mes fantasmes, j'ai le droit. Comme j'ai le droit de vouloir me placer du côté qui tient le martinet, fille ou pas fille. Et j'ai le droit de m'affirmer en tant que telle.
Donc je vous ai préparé un top dix, histoire de rendre l'ensemble plus fun. Et en compte à rebours. Parce que. 

Numéro 10: 
 
Jean Jacques Rousseau
Ben c'est quand même celui qui a avoué que ça lui déplaisait pas, hein. Donc tant qu'à faire... En plus il a été suffisamment balaise pour l'avouer sans jamais écrire le mot fessée. Alors je sais pas quelles fesses il avait, mais rien que pour ça, j'aurais bien aimé être sa Mlle Goton, tiens. 
(j'ai eu une prof de littérature qui avait appelé son fils Jean Jacques juste parce que c'est un des plus grands écrivains du XVIIIeme, à vingt cinq mille coudées devant Voltaire, c'est vous dire si je suis de la bonne féministe élevée au grain). 

Numéro neuf: 
Maigrichon, fragile, dépressif, talentueux, et qui tient dans un mouchoir de poche... 
 
Viens voir Maman que j'te console, toi.
Ben oui. A onze ans, j'étais amoureuse de Ziggy Stardust et son kimono en satin blanc. 
C'est pas ma génération mais honnêtement, quand on fantasme sur un mec qui est mort avant Napoléon, on est plus à ça près...

Numéro huit
 
Eh ouais. Justement à cause de la séquence où il est allongé sur le lit au début du clip de Beat it.  (et puis moi ça m'arrange, c'est juste la période où il aurait dû arrêter les frais en matière de chirurgie esthétique). Sinon y a aussi la toute première fois où il a fait le Moonwalk à la télé, pour l'anecdote ce jour là il portait le gilet à paillettes de sa mère. 
(Ces deux derniers exemple montrent que mes goûts en matière de mode se sont construits lentement mais sûrement).

Numéro sept

 
Parce que tourner le dos aux gens qui vous méprisent c'est une des armes les plus efficaces qui soient. 
Parce que c'est aussi un des plus jolis fessiers de l'histoire du rock 'n roll. 
Et parce que chez moi, provocation n'est jamais loin de punition... 

Numéro six
Image illustrative de l'article Le Désespéré 
Déjà parce que son prénom c'était aussi Gustave et moi depuis Flaubert je fais aussi un blocage là dessus. 
Parce que j'ai un faible pour les jeunes hommes torturés qui ont besoin d'amour et de mains fermes. 
Parce que l'odeur de la térébenthine ça me rend toute chose.

Numéro cinq
Quitte à remonter dans le temps, autant vous dire que si j'avais vécu dans l'Antiquité, ça aurait chauffé dans les gymnases. 
 
(Dans les gynécées aussi, mais on parle de donner la fessée à des hommes, là). 

Numéro quatre
 
Alors, c'est qui lui?
Ben disons que là il était jeune sur cette photo. Après, il y a eu le désert, les conditions physiques assez complexes, et une vie sexuelle qui s'est résumée à deux viols. Si on ne compte pas le type à Oxford évidemment. 
Alors déjà, le vice anglais, c'est bien mon truc, j'aurais adoré être sa nurse, ou, au pire Gertrude Bell mais je reviendrais là dessus une autre fois. 
Et Vô NGuyen Giap disait qu'il avait Les Sept Piliers de la sagesse comme livre de chevet. Et il est mort a 102 ans après avoir mis leur pâtée à l'armée française ET à l'armée américaine. Total respect. 
Si. 
(pourquoi il est pas dans la liste si je l'aime autant? eh ben parce qu'on touche pas à Giap. C'est tout). 

Attation les oeils, on arrive à mon top trois. 
Numéro trois donc
 
Ai-je vraiment besoin d'expliquer? 
Oui?
Bon. 
Parce que premio niveau sexitude c'est un peu compliqué de trouver mieux, hein. 
Parce que ce pantalon en cuir, quoi. 
Là où Mick Jagger levait les yeux au ciel mais chantait quand même "Let spend some time together" à la place du "Let spend the night together", Morrison se pointe en fute en cuir sans caleçon laissant voir que... euh... t'as vraiment cru que c'était une jambe et ne touche pas à ses paroles parce que, bordel, les mots, c'est important, quand on les emploie c'est avec tout leur sens. Na mais ho. 
Parce que tu vas me lâcher ce LSD, ce hash et cet alcool ou tu vas sentir ma badine à travers ton pantalon, gamin. Viens voir Maman que je te console

Numéro deux
 
Eh bah ouais. Ok je sais aujourd'hui il a soixante six ans et plus de cheveux, mais sachez que j'en ai pas grand chose à braire (honnêtement, les cheveux de Courbet, aujourd'hui...). 
Mais bon. En 1978 il était méchamment beau gosse quand même. 
Et puis bon:
Lire, c'est se laisser emporter. C'est une perte de contrôle, une désorientation qui peut tout à fait angoisser des êtres humains. Tout le monde n'est pas capable de perdre le nord. Lire est tout sauf une expérience tranquille. C'est une exploration périlleuse qui provoque des lésions bien réelles, et perturbe l'intégration dans la société. Je n'oppose pas lire et vivre. Mais il faut savoir qu'on lit à ses risques et périls.  
Alors là toi je t'aime, toi. 
(on va pas se mentir. Simon est le garçon de mon entourage le plus proche de cet homme fantasmé). 

Et puis le numéro 1, vous le voyez venir depuis le début si vous me connaissez un peu... 
 
Tâ- dam. 
Blond, les yeux verts, les pommettes saillantes, d'Europe de l'Est mais suffisamment pour pas être apprécié des Russes de souche - ou du moins qui se voient comme tels. Ouais, il est pas Russe en vrai, il est Tatar. Mais ce que j'en dis, hein. 
En regardant un documentaire une fois, j'ai vu un prof de danse qui expliquait que, quand on regarde des photos de Noureev enfant, on constate que physiquement, il était pas fait pour la danse. Un caractère un peu moins tête de mule, et il n'aurait jamais été le danseur qu'il est devenu. Ses pieds n'allaient pas, ses jambes étaient arquées, son torse était trop large: eh ben à force de travail, dans ta face la nature! 
Si y a bien un truc que je surkiffe, c'est les bonnes grosses têtes de mule. 
(Alors que les gens bornés qui te ressortent les mêmes conneries alors même que ton argumentation est inébranlable, bizarrement, j'apprécie beaucoup moins). 
Et la danse classique, ça vous sculpte quand même des fesses de ouf. 
Double bonus. 
Je sais pas si j'aurais préféré lui servir de gouvernante ou de prof de danse, à lui, tiens. 

Enfin je suis pas mécontente que mon fiancé soit une sorte de mix entre les deux premiers de mon top 10, et surtout qu'il ne se mette aucune des substances bizarres du troisième dans le nez. 

Constance Clairvaux

samedi 9 août 2014

Ségur, ou Sade? Ou comment Constance va se faire plein de copains.

Vaste question, à laquelle je vais répondre rapidement: ni l'un ni l'autre, surtout!
Avant de lire ce texte, il est vivement conseillé de mettre son second degré en marche. Sinon vous allez me prendre pour une emmerdeuse (bon, dans un sens vous auriez pas complètement tort, mais quand même). 

Quand j'étais au lycée, évidemment on s'est tous crus très fort en lisant des textes dits "sulfureux". C'est à cause de la même envie de "faire les adultes" et de quitter l'enfance qu'on regarde ses premiers pornos, pour voir comment ça fait, et qu'on écoute de la musique dite, "de sauvage" juste pour choquer les parents (et aussi parce que c'est génial). 
Années 1960 - années 1990, même combat, vous avez eu les Rolling Stones, nous on a eu Nirvana, vos parents ont fait les gros yeux devant le moule-bite orange en velours côtelé, les nôtres se sont demandé ce qu'on foutait avec des pulls camionneurs et des caterpillars. 
Et on a TOUS la même excuse après: "ouaiiiiiiiiiiiis mais j'étais jeune... si tu ressors cette photo je la crame" (parce qu'entre temps on a découvert Rammstein et la pyrotechnie).

Les textes sulfureux, donc. 
Socialement, c'était quand même plus avouable que "je m'ai maté un porno en douce de mes darons" de dire "j'ai lu Les exploits d'un jeune Don Juan" en une après midi". Le message subliminal étant: "j'ai franchi le cap difficile de la puberté, je suis bonne mais vierge, faisons des cochoncetés". 
Enfin je vous dis ça mais j'ai pas excessivement pécho au lycée, j'ai eu occasion mais celui sur lequel j'avais jeté mon dévolu me faisait peur, pour cause d'antiféminisme primaire et de volonté de me rabaisser. J'ai pas eu tort dans un sens, trois ans plus tard il était interné en hôpital psy donc bon.
Ceci pour dire qu'au lycée, à intervalles réguliers, j'entendais "moi, j'ai lu du Sade" avec la bouche pincée du connaisseur ou de la connaisseuse qui pense qu'il ou elle dépasse les autres de dix bonnes coudées dans le domaine de la libération sexuelle.
Plus fin, le "j'ai été impressionné(e) par Sade, non mais la liberté du mec", traduit en clair "Sade est le premier vrai esprit libre de tous les temps". Ce qui est faux. Déjà, à seize ans, je savais dénicher les mentions cochonnes chez Aristophane et dans les Mille et une Nuits, alors bon, le gars qui écrit au XVIIIeme, tu parles d'un précurseur...

"Salut, je sais pas faire ma permanente, et mes écrits sont à l'image de ce portrait: authenticité non garantie."

Jusqu'à ce que j'arrive sur mon premier forum de fessée et que je sois atterrée par les innombrables pseudos à base de "divin marquis", de "sadien", de "Donatien Alphonse François" (et foxtrot uniform charlie kilo ça te parle?).
Et bien sûr, dans la description, "le marquis de Sade m'inspire", ou pire "le divin marquis est un modèle pour moi, j'ai eu mes premiers émois d'adolescent en lisant Justine".
Traduit en clair: "mes premiers émois d'adolescent c'était devant le film Emmanuelle/ le catalogue de La Redoute/ Lui le magazine de l'Homme moderne mais je vais rajouter une pauvre référence littéraire pseudo sulfureuse et je vais me faire une intello torturée comme ça".

Entendons nous bien. Je n'ai rien contre Emmanuelle, La Redoute, Lui, même Nous Deux ça me va.
En revanche, il faudrait arrêter de prendre les petites intellos pour des jambons, prendre son courage et l'intégrale de Sade à deux mains mon cousin, et enfin, livre vraiment ce truc.
Pour bien faire, il faudrait aussi se documenter un chouïa sur le XVIIIeme, les libertins et la littérature pornographique de l'époque.

Petite bibliographie pour curieux:
Une thèse de 2010 bien sympatoche et bien complète: Libertinage littéraire en Angleterre, en France et en Allemagne (1751-1804). Etude de trois romans épistolaires.

L'Université de Saint Etienne a lancé une série de publications sur le thème "Libertinage et philosophie au XVIIIeme siècle". Au menu: "Le libertinage est-il une catégorie philosophique", "libertinage et éthique à l'âge classique", "La Mothe Le Vayer et Naudé", et caetera.

En 2013, Jean Pierre Cavaillé publie Les déniaisés: irréligion et libertinage au début de l'époque moderne" et à mon avis, ça vaut le coup.

Et puis sinon, vous pouvez avoir mon avis à moi. En fait, quand on compare les textes de Sade à la littérature érotique et pornographique du XVIIIeme, on se rend compte que Sade a récupéré beaucoup de textes par ci par là, il a fait son petit mélange et paf, ça fait des Chocapics donne des œuvres un peu décousues, mais garanties de succès puisque Sade a pris un peu tout ce qui pouvait marcher, avec un peu de surenchère histoire de. Et puis parmi des milliers d'anonymes, il signe de son nom, il fait un peu de prison mais c'est pas cher payé pour se faire connaître (et si le geôlier avait de belles fesses, ça devait pas être si pénible que ça cette histoire).


Venons en z'à présent à la comtesse de Ségur.

"Salut, j'ai un air volontiers revêche parce que mon mari désertait le lit conjugal"

La concomtesse, je l'ai découverte quand j'étais petite, et que mon père, ce naïf, m'a ramené un carton plein de livres de la Bibliothèque Rose et Verte, avec l'intégrale ségurienne dedans.
J'ai donc lu les écrits de notre bonne Sophie, aussi connue pour pouvoir s'envoler si jamais on tendait un tissu entre ses cornes un jour de grand vent, en quelques mois, alors que j'étais au début du primaire.
Je dis pas que certains éléments ne m'ont pas émoustillée.
Par exemple, les personnages de Camille et Madeleine. Qu'est-ce que j'aurais voulu qu'elles se prennent une déculottée maison, les deux oies blanches... "ça vous apprendra à être trop parfaites, péronnelles! je vais vous appliquer la discipline, moi!". Si mes poupées se sont appelées un moment Camille et Madeleine, c'était pour une bonne raison, mais pas celles que les adultes considéraient comme bonne...
Mais j'étais obligée d'extrapoler, parce que notre SophienéeRostopchine, coincée du cul comme elle était, n'écrit JAMAIS les mots "fesses" "fessées" et autres qui titillaient si bien mon imagination. Nan, à la place, on avait le droit à "au bas de la chute des reins" trois ptits points point d'exclamation (bouche pincée qui fait "huhuhu, j'ai été loin aujourd'hui!").
Et comme dirait Jules Vallès, même si on dit "chose de bouteille" au lieu de "cul de bouteille", quand on marche dessus ça fait mal de la même façon...

Reprenons l'histoire de Sophie qui avait un père qui s'appelait Fiodor mais hélas ça n'était pas Dostoïevski.
Elle commence par pas avoir de bol, et sa mère, un rien hystérique sur les bords, la force à se convertir au christianisme. Et on gagne le pompon en plus de la timbale, parce que en plus de la traumatiser, ça lui donne l'intransigeance des nouveaux convertis.
Mais imaginez une minute Mme Fichini mixée avec Mme MacMiche, et vous aurez une assez bonne idée de la mère de Sophie de Ségur.
Ensuite elle se marie, et au début, c'est un mariage d'amour. Sauf qu'Eugène décide rapidement d'aller taquiner d'autres gueuses et plus ça va, moins il est dans le lit conjugal, il surnomme sa femme "la Mère Gigogne", et en plus de huit gosses, il lui aurait aussi refilé la chtouille.
Du coup elle se réfugie dans son monde à elle, un monde clos, éloigné de tout, coupé du monde réel. Sa morale, où le juste et l'injuste se distinguent avec une facilité déconcertante, est pétrie de valeurs catholiques, mais un catholicisme bourgeois du XIXeme siècle, donc: qui sent vraiment le rance.
"Cet enfant gravement malade et qui va bientôt mourir est un vrai martyr! D'ailleurs, ses parents le méritent bien!" (dans Jean qui grogne et Jean qui rit)
Et là, n'importe qui de normalement constitué - donc qui a du mal à comprendre comment un enfant qui souffre et qui est à l'agonie "se mérite" a la même réaction que moi en lisant ça pour la première fois quand j'avais huit ans: "Gnuuuuuuuuuu?????"
Chez la comtesse de Ségur, le bon pauvre est celui qui sait rester à sa place: Blaise dans Pauvre Blaise fait l'admiration de tous parce qu'il est conscient de sa position de fils de paysan, et il s'applique à ne jamais en sortir. C'est un gamin, mais il sait que son habit ne doit pas être plus beau que celui du fils du maître, et c'est déjà beau d'avoir l'honneur de prier à ses côtés, il s'en contente! Mais sitôt sorti de l'église, il redeviendra l'humble et servile enfant de basse extraction.
Dans Diloy le Chemineau, entre la jolie petite fille et la petite fille moche, celle qui aura une belle vie, c'est forcément la moche qui va à la messe tous les matins! L'autre, moins bonne catholique, finira par s'enlaidir parce que Dieu n'a pas encore étendu sa main et le Biactol sur son visage.

Et j'ai eu mille fois plus d'émoustillages, pas que concernant la fessée, en lisant Colette, Zola, Brautigan et Fante. Rousseau, malgré le fameux passage de "la punition des enfants" et mon embarras profond quand j'ai dû commenter ce texte avec une gamine, reste un écrivain des Lumières largement au dessus de Voltaire (et vu le minois du JJ dans sa jeunesse, je lui en aurais bien mis une, moi).

Bref. Depuis l'ouverture de ce blog, j'ai fréquemment commenté chez les autres pour expliquer pourquoi Sade était un escroc, et pourquoi Ségur ne reflète pas vraiment la société du XIXeme (pour ça, on a tout Flaubert, Zola, Balzac et Hugo. Et en bien écrit) mais plutôt ses fantasmes d'ordre et de discipline qui daubent le renfermé. Si Eugène de Ségur avait fessé sa femme, ou c'était fait fesser par elle, elle se serait peut être sentie moins seule et elle aurait écrit moins de conneries.Cela fait un moment que je me dis que je devrais en faire la somme ici, comme ça, ça serait fait.

Si vous êtes sages, la prochaine fois, je vous fais le top dix des fessiers masculins que j'aurais bien voulu châtier avec amour.

samedi 2 août 2014

Louise et Alexandre (récit de fiction): sans carapace


Louise ouvre à peine les yeux. Elle est couchée sur le ventre, avec seul un bout de la couette qui cache tout ce qui aurait pu rester d'hier soir. Je serais presque tenté de tirer un peu sur le tissu pour voir, mais je sais très bien qu'il n'y a plus aucune trace. Même si je ne crois pas qu'elle serait mécontente d'une vérification.
Elle s'étire et attrape ma main.
-Coucou !
Dehors, il fait jour. La lumière filtre à travers les volets, et la rue semble n'avoir jamais été aussi vivante. Des bouts de conversations s'engouffrent dans la fenêtre, entre les bruits des voitures qui passent et l'engin qui lave les trottoirs.
-Alors ? Ça fait quoi ?
Je ne réponds rien, mais je lui fais un bisou. Elle plisse l’œil lorsque mes lèvres se posent juste au-dessus de son sourcil.
-Tu ne dormais pas ?
-Si. En fait je me suis réveillé juste avant toi.
Ou presque ; mon esprit a déjà été plus clair que ce matin. Je crois qu'elle s'en aperçoit assez bien, elle a encore ce sourire un peu attendri qui me trouble assez.
Elle s'étire encore, puis se glisse hors du lit. Son pied cherche le sol pendant un instant, puis elle se remet debout, nue comme elle était lorsque nous nous sommes endormis. Elle doit sentir mon regard plu attentif.
-Mais tu es devenue complètement impudique.
Elle éclate de rire.
-Mhm. C'est bien le moment pour ça, non ?
Elle s'arrête et tourne la tête vers moi. Comme si elle avait calculé le coup, elle est dans le faisceau de lumière que laissent passer les fentes des volets ; le contour de son corps brille.
-C'est sûr. D'ailleurs, si ça ne te gêne pas de continuer... Je peux ?
Je la rejoins, et la fais pivoter en posant les mains sur ses hanches.
-Mais non, il n'y a plus rien, dit-elle comme pour me rassurer.
-C'est toujours plaisant à vérifier.
-Espèce de pervers. Mais la tâche de soleil, c'est sympa aussi, ça fait tout chaud.
Elle se laisse faire gentiment.
-Allez, file !
Je la libère en appliquant une gentille claque sur les fesses. Elle glousse en faisant deux pas, juste pour obéir à ma tape, puis s'arrête, un peu indécise. Finalement, elle attrape un grand t-shirt et l'enfile sans hâte.
-Caché !
-Mais pas trop.
Le t-shirt s'arrête juste au-dessous de ses fesses.
-Je n'ai plus tellement de raisons de cacher trop.
Le sourire de Louise tourne à la taquinerie. J'aime bien cet air de satisfaction.
Elle l'avait déjà hier soir. Elle avait vu mon trouble – et pourtant, je l'avais déjà vue nue.
-ça ira comme pyjama ?
Elle m'avait montré le t-shirt qu'elle portait maintenant.
-Bien sûr !
Mais elle ne l'avait pas mis : elle s'est contentée de le lancer sur le lit, et le suivre beaucoup plus lentement. Elle s'est allongée, en repoussant la couette, les fesses bien en évidence, comme pour recevoir d'autres claques. Mais elle était plutôt gâtée pour ce qui est des fessées, là, elle voulait juste profiter du résultat. La rougeur, complètement effacée ce matin, était toute fraîche.
-Tu sens ?
Elle guida ma main sur ses fesses dès que je la rejoignis. Impossible de ne pas sentir : sa peau toute délicate rayonnait la chaleur.
-Tu as eu très mal ?
-Juste comme je le méritais. Parce que j'ai été très vilaine.
-C'est vrai, tu n'as pas été sage du tout.
-Et quand je ne suis pas sage, je suis punie.
-Oui, c'est pour ça que j'ai dû te donner une bonne fessée.
Fessée qui n'a pas rendu sa main plus sage.
-J'ai bien mérité ma fessée... Et je sens que toi aussi tu vas bientôt en mériter une.
Sa main se glisse sous mon caleçon, là où la prochaine fessée ne manquera pas de tomber, puis baisse le sous-vêtement avec une pointe d'impatience.
J'avais envie de répondre que nous avions tous les deux été très vilains, mais j'ai vite laissé tomber. Sa main pressait un peu plus fort, remontait des fesses vers le dos, puis redescendait encore plus bas.
-On va s'occuper tout de suite de mériter notre prochaine fessée, c'est ça ?
Comme pour me répondre, la main de Louise plonge en dessous de mes fesses alors que je finis de murmurer dans son cou.
-Je n'ai pas l'impression de faire une bêtise, là...
Elle s'interrompt pour me rendre quelques baisers. Ses lèvres, puis sa main dans mes cheveux finissent de me donner une sorte de vertige. Puis elle reprend :
-Je suis plutôt contente de ce qu'on va faire. Et je suis sûre que tu ne vas pas faire de bêtises du tout, tu vas très bien te débrouiller.
Sa main revient plus bas. Je me débarrasse du sous-vêtement, et par la même occasion je fais tomber la couette, largement superflue.
-Tu crois ?
-Mais oui !
Je la serre plus fort. Je retrouve la chaleur de ses fesses, puis je remonte les mains.
-Oh oui... Tu as raison.
Mes yeux se ferment, mais j'aperçois quand même un sourire étrange, comme si elle était étonnée.
-Viens là... je vais te guider.
Je me laisse guider. 

 

La matinée traîne tranquillement. Les tâches de lumière ont glissé à travers la pièce et se sont estompé : dehors, sans doute, des nuages sont encore arrivés. Nous n'avons pas ouvert les volets, et avec l'air frais le bruit de la rue filtre dans le studio. La pénombre reste, et Louise garde son t-shirt long de pyjama.
Je ne suis pas pressé de sortir de cette torpeur. Pourtant, j'ai été plutôt enthousiaste hier. Elle m'avait proposé qu'on aille nous balader un peu. Nous avons fini par nous retrouver au jardin du Luxembourg.
-Si on y avait pensé plus tôt, on aurait pu nous faire une sortie un peu plus loin...
Nous nous étions à peine mis en marche, et Louise était un peu devant moi, partie d'un bond comme toujours un peu brusque.
-ça te manque de bouger ?
La question est assez inutile, je vois bien que Louise ne tient pas en place.
-Oui ! Je crois que j'ai envie d'être vraiment en vacances.
-Pareil...
-Un jour, il faudrait qu'on aille crapahuter vers chez mes parents... c'est vraiment sympa.
-C'est pas très exotique, surtout pour toi.
-Le Vexin ?
Elle éclate de rire :
-C'est pas exotique, mais quand on est allés chez tes parents, c'était pas exotique non plus, et on s'est bien amusés. On pourrait faire au moins aussi bien dans le Vexin.
-J'imagine bien !
Louise s'avance un peu entre les chaises pour enjamber la clôture d'un gazon.
-En fait... - elle s'interrompt, et je sens bien quel genre d'idée lui vient – en fait, déjà si mes parents s'absentaient, on pourrait faire plein de bêtises rien que dans le jardin. Dans le fond, on serait complètement isolés !
-En fait, c'est plus des perversités que tu as envie que de la nature.
-L'idéal, ce serait d'avoir les deux. Tu trouves pas ?
-C'est sûr qu'au Luxembourg, on risque d'être un peu courts sur les deux.
Maintenant, je vais moi aussi être en manque.
-C'est pas grave, on peut marcher un peu.
Je suis Louise. Nous revenons sur le chemin et nous avançons un peu pour nous éloigner de la concentration des touristes. Un léger vent frais se lève et agite gentiment le tissu bleu à petits motifs du combishort de Louise. Cela doit être la première fois que je la vois aussi à la mode, et aussi peu excentrique. C'est presque surprenant : c'est tout simple et léger, sans ornements étranges ou couleurs, elle a même remplacé ses habituelles chaussures multicolores par des sandalettes. Elle a encore plus l'air d'une enfant comme cela.

Les grappes des promeneurs et de touristes restent peu à peu derrière nous, et quand le vent souffle, j'aperçois sur les épaules de Louise de la char de poule.
-Tu as froid ?
-ça va. Tu aurais envie qu'on se pose ?
Nous nous installons sur la pelouse.
-Tu sais ce que tu vas faire pour les vacances ?
Elle s'installe en tailleur et déboucle ses sandalettes. Je hausse un peu les épaules : je suis toujours pris un peu au dépourvu par l'arrivée de l'été. En tout cas, elle va me manquer.
-Tiens, elle est marrante, celle-là !
-Qui ça ?
-La bestiole.
Louise pointe du doigt quelque chose que j'ai au départ du mal à distinguer de l'herbe tondue. À bien y regarder, il y a bien une sorte de petite araignée verte, à moitié transparente.
-Tu t'y connais ?
-Pas tellement. Mais j'aime bien ; à une époque je voulais devenir géologue, puis j'ai commencé à trouver que ce qui se balade sur les cailloux est aussi bien que les cailloux. Et puis je m'y suis remise récemment. J'ai eu un projet à faire sur les gros plans, du coup j'avais envie de partir sur les vraiment gros plans...
-Tu as fait ton truc à partir des macrophotos ?
-C'est ce que je voulais faire au départ, mais c'était pas ça. J'ai fini par m'entendre avec une amie pour squatter son labo, je suis arrivée avec ma vermine dans des éprouvettes perso, et j'ai fait des portraits des bestioles comme ça, avec mes modèles décédés sous un binoculaire.
Apparemment, rien que les têtes des gens qui travaillaient dans le labo justifiaient l'effort.
-Et ça a bien marché ?
-Plutôt, oui. J'étais contente de moi. Tu voudrais que je te montre ce que ça donne ? J'en ai au studio.
-Bien sûr !
Bientôt, nous nous retrouvons tous les deux à quatre pattes à suivre l'araignée qui gravit un par un les brins d'herbe.
-J'adore sa carapace transparente. Ben, là, pour le coup, je crois qu'une photo serait utile.
J'ai en tête une autre photo que j'aurais bien aimé prendre à ce moment là.
-Au fait, c'est moi, ou tu as trouvé mieux à regarder que l'araignée transparente?
Louise se retourne un peu en parlant, mais reste au-dessus de l'araignée et continue à la suivre du coin de l’œil.
-Tu fais très bien l'araignée.
-Mais euh, je n'ai pas huit pattes. Et surtout, les miennes ne sont pas velues.
-Reste le côté transparence.
Elle a l'air surprise.
-Il n'est pas transparent mon combishort ?
Pour se rassurer, elle se rassied sur l'herbe.
-Mais non, il n'est pas transparent. Par contre, il révèle assez bien.
-C'est ton imagination, pervers. Et puis, on est en été, il faut en profiter.
Elle a perdu l'araignée des yeux, mais n'a pas l'air de le regretter, elle me fait des reproches avec un grand sourire.
-Mais je suis en train d'en profiter ! Et je pense à ce qu'on pourrait faire après.
-Ce qui est bien, c'est qu'on a les esprits aussi mal tournés tous les deux. Tu crois que j'ai fait une bêtise ?
-Et pourquoi pas ? En tout cas, avec ta tenue toute légère, à te déchausser dans l'herbe puis te mettre par terre pour pourchasser une bestiole, tu n'as pas l'air très adulte, tu sais.
-Comme si j'avais souvent l'air adulte, moi. C'est vilain de profiter de l'été ?
Il faut vraiment que je trouve un prétexte crédible ?
-Je ne sais pas, moi, ça se trouve c'est pas hygiénique ? Ou une connerie dans le genre ? Ou c'st mal d'enlever ses chaussures parce que tu vas forcément marcher sur une autre bestiole, ou du verre cassé...
-Oui, c'est connu qu'il n'y a que ça au Luxembourg. Mais si tu es à court, on peut toujours dire que j'ai été insolente ? C'est passe partout, ça.
-Bon, je crois que pour la crédibilité, on repassera. En tout cas, c'était adorable, la chasse à l'araignée.
-Tu dis que j'étais adorable, mais tu as quand même envie de me punir !
Elle imite le ton de la bouderie, les yeux plissés de rire. J'ai failli répondre « tu n'as peut-être pas envie d'être punie ? », mais je vois très bien qu'elle est partante. Alors, je ne sors pas du jeu :
-Oui. Dans une demi-heure on est rentrés, et tu seras punie !
J'espère juste qu'aucun passant ne m'a entendu, au lieu de vérifier s'ils étaient tous à bonne distance, j'ai essayé de faire le regard sévère sur ma montre. Louise, sans se lever, vérifie moqueusement sa montre qui tourne à l'envers.
-Et si on a du retard ?
-Eh ben, tu auras une punition plus sévère. Et si tu te levais au lieu de me narguer, on ne risquerait pas d'être en retard.
Elle attend encore un moment, en poussant un soupir. Je suis toujours un peu inquiet à l'idée d'en avoir fait trop, mais elle a plutôt l'air de me provoquer, alors je continue : je prends Louise par le bras que son petit combishort laisse dénudé. Cette fois-ci, je n'oublie pas de vérifier où sont les passants.
-Louise ! Qu'est-ce que j'ai dit ? Tu es déjà punie, alors c'est pas la peine d'aggraver ta situation. Maintenant on rentre, et une fois arrivés, tu auras la fessée.
Je n'allais quand même ps dire « à la maison » alors que c'est chez elle qu'on rentre. Louise se laisse faire ; elle est débout, et a l'air d'hésiter un peu. Personne n'a cru que je la maltraitais.
-Comment tu te sens ?
Il aurait été plus logique que je prenne moins de précautions pour poser cette question que pour annoncer à Louise sa fessée, mais la voix basse marque plutôt bien la question posée hors jeu.
-Quand tu m'as dit qu'on rentrait... ça fait tout drôle. Je ne m'y attendais pas du tout. Mais oui, j'ai envie de jouer !
Mon inquiétude doit se voir très facilement.
-Puisque c'est dit... maintenant il va falloir s'y tenir !
Elle ramasse ses sandalettes quelques pas derrière nous et m'attend : puisque je lui ai dit qu'elle était punie, c'était logiquement à moi de la ramener.
-Allez, viens.
J'esquisse un mouvement. En marchant vite, une demi-heure est tout juste le temps qu'il faudrait pour rentrer dans son appart depuis l'endroit où nous sommes, mais je n'ai pas envie de nous presser. Je ne suis pas non plus sûr si Louise veut jouer la provocation et rentrer en retard pour m'obliger à inventer une punition supplémentaire, ou elle préfère rester sage.
-On part par là ?
Son geste résout la question : si on part par où elle propose, nous allons faire une boucle, donc on est sûrs d'arriver tard. Mais la balade n'était pas si longue jusqu'ici, et l'idée de nous promener en amoureux avec la déculottée de Louise en perspective me plaît assez.
-Tu n'es pas pressée d'arriver.
-C'est normal si je dois avoir une fessée à l'arrivée, non ?
-Ou tu as envie de me narguer ?
-C'est devenu mon sport préféré.
-C'est pour ça aussi que tu restes pieds nus ?
Nous longeons pour le moment la pelouse, et elle a toujours ses sandalettes à la main.
-ça te nargue que je sois pieds nus ?
-C'est tout mignon, et pas très adulte, alors forcément... J'aurais presque envie de te l'imposer parfois.
-Je risquerais de n'être pas très vexée, tu sais.
Dans ce cas – je suis sûr que je ne vais pas me priver d'en profiter. Mais pour le moment, nous arrivons au bout de la pelouse, et il faut bien que Louise remette ses sandalettes. Nous descendons tranquillement, par les petites rues. Le délais d'une demi-heure passe avant même que nous ayons le temps de rejoindre la Seine. Mais je ne regarde presque pas la montre, je préfère laisser Louise me devancer. Le vent est plus fort maintenant que nous longeons les quais et il traverse aisément la tenue de Louise. Les manches, à peine esquissées sur ses épaules se gonflent ; le tissu s'agite au-dessus de l'élastique qui retient le pli au-dessous de la poitrine, et le short, délimité par une bande plus sombre à la ceinture, se soulève légèrement. Elle aurait certainement été plus embarrassée avec une jupe – surtout de cette longueur.
Lorsque les immeubles autour se font plus petits et nous approchons du studio de Louise, je commence à sentir un peu de fatigue dans les jambes, mais aussi beaucoup d'excitation qui monte. Nous sommes largement en retard ; comme je n'ai rien fait pour hâter notre retour, je ne le rappelle pas à Louise. Je me résous à lui donner une petite punition supplémentaire pour la forme, mais sans trop insister.
Louise accepte le jeu de marcher juste devant moi. Si nous étions seuls, je m'amuserais bien à lui donner de temps en temps une petite claque sur les fesses, pour la faire avancer (encore qu'elle ne traîne pas vraiment) et pour lui rappeler qu'elle est punie. J'imagine le sentiment d'incertitude – mais pour qu'elle soit réelle, il faudrait encore que la rue soit déserte ; et je me prends à rêvasser à des forêts profondes et vallons bien à l'abri. Mais peut-être qu'un jour, nous en trouverons ?
-Voilà !
Louise ouvre la porte. Ce n'est que là que peux enfin profiter de ce qu'il n'y a personne dans le hall de son immeuble, et je lui fais traverser le seuil avec une claque qui la fait glousser. Mon encouragement lui fait faire une grande enjambée, un peu raide et comme saccadée – elle doit être impatiente elle aussi.
Je referme la porte.
-Je dois être punie ?
Elle s'est retournée vers moi, les mains dans le dos, les jambes un peu fléchies et la tête sur le côté, dans la pose de la fausse pudeur, trahie comme d'habitude par le grand sourire et les yeux pétillants.
-Bien sûr que tu dois être punie. Tu as été insolente, et tu sais ce que ça mérite ?
-Mmmhm.
Elle hoche la tête, lentement.
-Alors, dis-le. Ça fait partie de ta punition.
Je savais que cette phrase allait avoir pas mal d'effet sur elle : ses joues rougissent et la respiration se fait saccadée. On dirait un petit garçon surpris dans le verger du voisin...
-C'est obligé ?
-Bien sûr. Allez, qu'est-ce qui va t'arriver ?
Elle remue sur place.
-Je vais recevoir une fessée déculottée.
-Exactement.
Je suis presque aussi hésitant qu'elle. Enfin, je me décide à commencer – je m'installe à l'endroit habituel, sur le canapé. Je n'ai pas d'instruments à portée de main, mais je finis par me dire que ce n'est pas grave.
-Viens ici. Tu vas prendre ta punition.
Louise se mord les lèvres. Elle hésite peut-être à jouer encore un peu la provocation, mais je crois qu'elle est trop impatiente pour ça : elle reste juste un moment sur place, puis elle s'approche très lentement. Mais, au lieu de s'allonger sur mes genoux, elle s'assied juste à côté de moi.
-Louise, voyons... Tu sais bien comment se passe une fessée, qu'est-ce que...
Je ne finis pas, Louise se colle à moi, en se cramponnant à mon bras.
-Eh ben ? Je t'ai fait peur ?
Elle n'est pas loin de trembler !
-Mais non – elle laisse reposer sa tête sur mon épaule – j'avais juste envie d'un câlin. En fait, ça fait un moment que j'en ai envie, mais j'osais pas dans la rue. Tu vas être très sévère ?
Je ne sais pas trop quoi répondre, mais je la serre très fort contre moi.
-Tu ne veux pas que je sois sévère ?
Elle se relève :
-J'ai été très vilaine, alors je mérite que tu sois sévère. En fait, je crois que j'ai été plus vilaine que les dernières fois.
-Tu crois ?
Elle hoche la tête.
-Dans ce cas, on a une raison de plus pour que tu viennes gentiment sur mes genoux.
Louise déboucle ses chaussures puis s'allonge sans aucune aide sur mes genoux. Le tissu de son combishort se tend de lui même sur les fesses et dégage les cuisses, toutes offertes.
Ma main glisse lentement le long de son dos légèrement courbé, puis jusqu'aux genoux pliés.
Louise attend, immobile, la première claque de sa fessée. Elle tombe juste au-dessus de l'ourlet de son short. Ma petite punie sursaute un peu – pas de douleur, mais plutôt parce que la tension se relâche. Je commence par une fessée à la main, par vraiment sévère, mais sans faire semblant. Les claques sont régulières, et je sens que le rythme rassure Louise qui encaisse tranquillement les tapes. Pourtant, son vêtement est tout fin et ne doit pas la protéger beaucoup.
Au bout d'une vingtaine de claques, je me permets de briser le rythme, j'en donne deux ou trois un peu au-dessous de l'ourlet bien remonté, sur ses cuisses. Elle plie les jambes par réflexe.
-Allons, Louise, ce n'était rien de bien méchant...
Je ramène ses pieds à leur place habituelle.
-Ce n'était qu'une fessée à la main. Ça te fait peur ?
-Non, mais je sais que ce n'est pas tout...
-C'est sûr. À ton avis, qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?
-Tu vas me déculotter ?
-Pas encore. Tu te souviens qu'on était censés rentrer rapidement, et on a un peu traîné en route ? Je sais que ce n'était pas entièrement de ta faute, mais je t'ai quand même promis une punition supplémentaire. Alors tu vas en avoir une, même si elle ne sera pas très sévère.
Elle se tourne vers moi d'un regard interrogateur.
-Oui, tu peux te lever. Eh bien, tu va simplement aller au coin réfléchir un peu. Mais attention, si tu ne tiens pas bien au coin, tu vas avoir une claque sur les fesses – je lui en donne une, pour illustrer, en profitant de ce qu'elle n'a pas encore eu temps de se mettre debout – tout ça en attendant qu'on reprenne ta fessée après.
-D'accord.
Toute penaude, elle s'empresse d'obéir.
-Louise ! Attends.
-Oui ?
-Cette fois-ci, tu ne vas pas aller dans le coin habituel. Viens, tu vas te mettre là – je la mène vers sa fenêtre et la poste juste à côté. Puis, je pousse les volets pour qu'ils laissent passer plus d'air – comme ça, tu vas pouvoir imaginer ce que ça ferait si tous les gens qui passent dans la rue pouvaient de voir. Et si tu mérites une claque, quelqu'un pourra l'entendre par hasard.
Elle est réellement surprise. J'observe avec satisfaction son expression, agrémentée d'un peu de rougeur supplémentaire lorsqu'une voiture, puis deux personnes qui passent en discutant, illustrent cette nouvelle vulnérabilité. Louise se retourne vers le mur, elle s'enfonce dans le coin. Toute silencieuse. Je recule pour mieux observer. D'autres voix passent derrière les volets, et Louise remue un peu, visiblement plus impatiente que d'habitude.
-Dis ?
-Oui ?
-Et si la personne qui entendait était un voisin ?
Je souris.
-Et alors ? Soit il ne ferait pas attention du tout... soit, au pire, il se douterait que tu as été vilaine !
-C'est pas drôle...
-Tu es sûre ?
Je profite de l'occasion pour lui appliquer une bonne claque sur les fesses.
-Aïe !
-Normalement, quand on est punie au coin, on ne parle pas tellement !
Je prends quand même la précaution de parler à voix basse, au cas où il y aurait des passants particulièrement silencieux dehors.
-Voyons, personne ne va nous entendre, en tout cas personne ne fera attention. Mais tu es quand même punie presque en public !
Nouvelle claque.
Au bout de dix minutes qui me paraissaient déjà très longues, je laisse Louise sortir du coin où elle est restée exceptionnellement sage. Je ne me prive pas de lui mettre encore une claque lorsqu'elle passe devant moi – après tout, c'est pour la suite de sa fessée qu'elle vient.
-On peut refermer maintenant ?
-Bien sûr ! La fenêtre, c'était juste pour le coin.
Je referme, puis je rejoins Louise, en prenant soin cette fois-ci de m'équiper d'une brosse et d'une règle en plexiglas transparent que je prends sur son bureau.
-Mmmh, c'est vraiment obligé ?
-Bien sûr. Une fessée à la main, c'est un début, mais pour une punition il faut un peu plus. Tu as dit toi-même que tu méritais que je sois sévère avec toi.
Elle baisse la tête.
-Tu vas me déculotter aussi ?
-Évidemment.
Pourquoi ce grand sourire ? On dirait qu'elle n'entendait que ça depuis un moment.
-Bien sûr, il est temps de baisser ta culotte pour te mettre une fessée sur les fesses nues. Viens ici.
Mon autorité a dû prendre un coup : je ne sais toujours pas ce à quoi elle pense. Pour le moment, je prends Louise par les épaules : ses manches sont tellement courts que mes mains se posent sur la peau nue des bras. Elle approche docilement. Ses cuisses sont déjà nues, et sur ses fesses il n'y a que ce tissu fin à petits motifs.
Ah – c'était donc ça ! Je ne vais pas pouvoir simplement baisser son vêtement. À la limite, si j'essayais de le retrousser comme une jupe, je pourrais dégager les fesses assez pour punir Louise, mais puisqu'il faut qu'elle soit fesses nues, cela ne suffit pas.
-On dirait que tu as fait exprès, tiens.
-Mais non, pas du tout...
-C'est très vilain de me tenter comme ça !
Pour la peine, je lui mets une claque sur le derrière encore habillé.
-Bon, allonge-toi.
Je glisse un oreiller sous son bassin.
-Tu sais, tu vas être déculottée pour ta fessée quand même. C'est pas de ma faute s'il ne te restera pas beaucoup de tissu.
En attendant, comment ça s'ouvre, un combishort de gamine ?
-Tu vas être obligé de m'extraire de là ?
Elle n'oppose pas beaucoup de résistance. Ça y est, je trouve une fermeture éclair – toue fine et tout fragile – sur son dos.
-Tu voulais que ça te serve de carapace ?
-Pourquoi pas. Je ne suis pas bien en chenille ?
-Si, tu es une ravissante petite chenille. Seulement, pour une carapace, elle est pas très dure, tu sais.
-Bah oui, du coup, autant en sortir...
-Je suis tout à fait d'accord. Et, de manière générale, je te préfère en papillon.
Je tire sur la fermeture éclair. Elle ne bouge pas.
-Alors ?
J'écarte les pans du tissu. Son dos est nu, barré seulement par la bande blanche du soutien-gorge.
-Alors, tu es prête à sortir de ta chrysalide ?
-J'ai hâte.
Le tissu glisse sur les épaules qui s'arrondissent pour la circonstance. Louise se soulève pour me faciliter la tâche.
-Et maintenant, tu vas être déculottée.

L'ouverture laisse déjà apercevoir un coin de la petite culotte bleue à pois blancs. Je tire le tissu le long de ses jambes. Une claque sur ses fesses, pour lui rappeler que désormais, elle est presque nue – et je soulève ses pieds pour enlever complètement le vêtement. Je ne précipite as les choses – tranquillement, je replie le combishort, et je m'écarte un instant pour le laisser sur le dossier de la chaise de bureau. Louise m'attend tranquillement, toujours étendue sur le ventre, les fesses offertes.
Je reviens à elle. Tranquillement, je sélectionne la règle, plus longue que la brosse. J'applique les premiers coups, mais je suis trop haut – je finis pas m'asseoir sur le bord du lit. Les claques ont un effet visible, Louise ne dit rien mais remue un peu et cache le visage dans l'oreiller.
-Tu vois ce qui t'arrive quand tu es vilaine ?
Elle acquiesce. Je repose la règle pour donner une série de claques à la main. C'est seulement à la main, mais plutôt bien appliqué. Je commence enfin à sentir un peu de chaleur à travers la dernière couche de tissu, et la rougeur dépasse un peu de la culotte de gamine.
-Viens là, Louise. Lève-toi.
Je lui aide à se relever. Elle doit bien se douter de ce qui va suivre. Debout, un pied sur l'autre, elle se serre à moi, cramponnée à mon bras.
-Tu sais ce qui va t'arriver maintenant ?
-Tu vas baisser ma culotte ?
-Exactement, et après je vais te donner une bonne fessée sur les fesses nues.
Un geste simple fait tomber la petite culotte qui glisse sur ses chevilles. Il me suffit de tapoter légèrement ses fesses pour qu'elle s'installe d'elle-même sur mes genoux.
Je reprends la série à la main, puis je passe à la brosse. Je vois bien que Louise s'efforce d'être sage, mais la fessée est plutôt sévère. Ses fesses se couvrent d'une tâche rouge d'une couleur et une uniformité appréciables.
Je lui fais compter une série de dix coups de brosse, puis je reprends à la main : une série de claques fortes et bien espacées, puis une rafale rapide que j'imagine plus proche de la fessée qu'une enfant réelle aurait pu recevoir en vraie punition. Louise s'autorise quelques soupirs et couinements, et ses pieds s'agitent de plus en plus.
Je m'arrête un instant. Je passe la main sur son dos, immobilisé par l'attente de la suite. Il ne me reste qu'à dégrafer la fermeture de son soutien-gorge. La bande blanche s'écarte de son dos, et je sens un frisson qui parcours le corps de Louise.
-Je suis toute nue...
-Tu l'étais déjà presque.
Je ponctue avec quelques nouvelles claques. Deux coups de brosse – pour la faire sursauter, ce qui arrive facilement, tellement elle est devenue sensible, et je repose l'instrument pour une série finale de claques à la main.
-Viens là.
Je lui aide à se redresser. Elle est à nouveau collée à moi, comme tout à l'heure. Maintenant, je caresse simplement ses fesses toutes chaudes.
-Tu as eu très mal, pauvre petite ! Mais c'était pour ton bien tu sais ? Tu es tellement bien, sortie de ta chrysalide !
-Mmmh, c'est ça. On joue encore ?
-Eh ben, tu crois que tu n'as pas encore appris ta leçon, alors que tes fesses ont été toutes rouges ? En fait, ça tombe peut-être bien : quand j'imaginais des histoires de fessée, je voyais souvent une sorte de piqûre de rappel juste avant de dormir...
-Et je vais recevoir une autre fessée ?
-Mais pas aussi sévère ! Tu vas juste tendre tes fesses nues, et prendre quelques claques, juste de quoi retrouver une jolie couleur et faire des beaux rêves. Et en attendant, ce serait dommage que tu retrouves ton ancienne carapace, non ? Alors tu vas juste avoir droit à une petite culotte et un t-shirt.
Elle fait une moue boudeuse qui trahit l'enthousiasme. Encore toute nue, elle traverse à petits pas, mais sans se presser la pièce jusqu'au placard. Assis dans le canapé où je lui ai donné la fessée, je peux apprécier la courbe de son corps modelée par la lumière du soir qui filtre à travers les volets métalliques à peine entrouverts. 

Simon Pfeiffer