samedi 9 août 2014

Ségur, ou Sade? Ou comment Constance va se faire plein de copains.

Vaste question, à laquelle je vais répondre rapidement: ni l'un ni l'autre, surtout!
Avant de lire ce texte, il est vivement conseillé de mettre son second degré en marche. Sinon vous allez me prendre pour une emmerdeuse (bon, dans un sens vous auriez pas complètement tort, mais quand même). 

Quand j'étais au lycée, évidemment on s'est tous crus très fort en lisant des textes dits "sulfureux". C'est à cause de la même envie de "faire les adultes" et de quitter l'enfance qu'on regarde ses premiers pornos, pour voir comment ça fait, et qu'on écoute de la musique dite, "de sauvage" juste pour choquer les parents (et aussi parce que c'est génial). 
Années 1960 - années 1990, même combat, vous avez eu les Rolling Stones, nous on a eu Nirvana, vos parents ont fait les gros yeux devant le moule-bite orange en velours côtelé, les nôtres se sont demandé ce qu'on foutait avec des pulls camionneurs et des caterpillars. 
Et on a TOUS la même excuse après: "ouaiiiiiiiiiiiis mais j'étais jeune... si tu ressors cette photo je la crame" (parce qu'entre temps on a découvert Rammstein et la pyrotechnie).

Les textes sulfureux, donc. 
Socialement, c'était quand même plus avouable que "je m'ai maté un porno en douce de mes darons" de dire "j'ai lu Les exploits d'un jeune Don Juan" en une après midi". Le message subliminal étant: "j'ai franchi le cap difficile de la puberté, je suis bonne mais vierge, faisons des cochoncetés". 
Enfin je vous dis ça mais j'ai pas excessivement pécho au lycée, j'ai eu occasion mais celui sur lequel j'avais jeté mon dévolu me faisait peur, pour cause d'antiféminisme primaire et de volonté de me rabaisser. J'ai pas eu tort dans un sens, trois ans plus tard il était interné en hôpital psy donc bon.
Ceci pour dire qu'au lycée, à intervalles réguliers, j'entendais "moi, j'ai lu du Sade" avec la bouche pincée du connaisseur ou de la connaisseuse qui pense qu'il ou elle dépasse les autres de dix bonnes coudées dans le domaine de la libération sexuelle.
Plus fin, le "j'ai été impressionné(e) par Sade, non mais la liberté du mec", traduit en clair "Sade est le premier vrai esprit libre de tous les temps". Ce qui est faux. Déjà, à seize ans, je savais dénicher les mentions cochonnes chez Aristophane et dans les Mille et une Nuits, alors bon, le gars qui écrit au XVIIIeme, tu parles d'un précurseur...

"Salut, je sais pas faire ma permanente, et mes écrits sont à l'image de ce portrait: authenticité non garantie."

Jusqu'à ce que j'arrive sur mon premier forum de fessée et que je sois atterrée par les innombrables pseudos à base de "divin marquis", de "sadien", de "Donatien Alphonse François" (et foxtrot uniform charlie kilo ça te parle?).
Et bien sûr, dans la description, "le marquis de Sade m'inspire", ou pire "le divin marquis est un modèle pour moi, j'ai eu mes premiers émois d'adolescent en lisant Justine".
Traduit en clair: "mes premiers émois d'adolescent c'était devant le film Emmanuelle/ le catalogue de La Redoute/ Lui le magazine de l'Homme moderne mais je vais rajouter une pauvre référence littéraire pseudo sulfureuse et je vais me faire une intello torturée comme ça".

Entendons nous bien. Je n'ai rien contre Emmanuelle, La Redoute, Lui, même Nous Deux ça me va.
En revanche, il faudrait arrêter de prendre les petites intellos pour des jambons, prendre son courage et l'intégrale de Sade à deux mains mon cousin, et enfin, livre vraiment ce truc.
Pour bien faire, il faudrait aussi se documenter un chouïa sur le XVIIIeme, les libertins et la littérature pornographique de l'époque.

Petite bibliographie pour curieux:
Une thèse de 2010 bien sympatoche et bien complète: Libertinage littéraire en Angleterre, en France et en Allemagne (1751-1804). Etude de trois romans épistolaires.

L'Université de Saint Etienne a lancé une série de publications sur le thème "Libertinage et philosophie au XVIIIeme siècle". Au menu: "Le libertinage est-il une catégorie philosophique", "libertinage et éthique à l'âge classique", "La Mothe Le Vayer et Naudé", et caetera.

En 2013, Jean Pierre Cavaillé publie Les déniaisés: irréligion et libertinage au début de l'époque moderne" et à mon avis, ça vaut le coup.

Et puis sinon, vous pouvez avoir mon avis à moi. En fait, quand on compare les textes de Sade à la littérature érotique et pornographique du XVIIIeme, on se rend compte que Sade a récupéré beaucoup de textes par ci par là, il a fait son petit mélange et paf, ça fait des Chocapics donne des œuvres un peu décousues, mais garanties de succès puisque Sade a pris un peu tout ce qui pouvait marcher, avec un peu de surenchère histoire de. Et puis parmi des milliers d'anonymes, il signe de son nom, il fait un peu de prison mais c'est pas cher payé pour se faire connaître (et si le geôlier avait de belles fesses, ça devait pas être si pénible que ça cette histoire).


Venons en z'à présent à la comtesse de Ségur.

"Salut, j'ai un air volontiers revêche parce que mon mari désertait le lit conjugal"

La concomtesse, je l'ai découverte quand j'étais petite, et que mon père, ce naïf, m'a ramené un carton plein de livres de la Bibliothèque Rose et Verte, avec l'intégrale ségurienne dedans.
J'ai donc lu les écrits de notre bonne Sophie, aussi connue pour pouvoir s'envoler si jamais on tendait un tissu entre ses cornes un jour de grand vent, en quelques mois, alors que j'étais au début du primaire.
Je dis pas que certains éléments ne m'ont pas émoustillée.
Par exemple, les personnages de Camille et Madeleine. Qu'est-ce que j'aurais voulu qu'elles se prennent une déculottée maison, les deux oies blanches... "ça vous apprendra à être trop parfaites, péronnelles! je vais vous appliquer la discipline, moi!". Si mes poupées se sont appelées un moment Camille et Madeleine, c'était pour une bonne raison, mais pas celles que les adultes considéraient comme bonne...
Mais j'étais obligée d'extrapoler, parce que notre SophienéeRostopchine, coincée du cul comme elle était, n'écrit JAMAIS les mots "fesses" "fessées" et autres qui titillaient si bien mon imagination. Nan, à la place, on avait le droit à "au bas de la chute des reins" trois ptits points point d'exclamation (bouche pincée qui fait "huhuhu, j'ai été loin aujourd'hui!").
Et comme dirait Jules Vallès, même si on dit "chose de bouteille" au lieu de "cul de bouteille", quand on marche dessus ça fait mal de la même façon...

Reprenons l'histoire de Sophie qui avait un père qui s'appelait Fiodor mais hélas ça n'était pas Dostoïevski.
Elle commence par pas avoir de bol, et sa mère, un rien hystérique sur les bords, la force à se convertir au christianisme. Et on gagne le pompon en plus de la timbale, parce que en plus de la traumatiser, ça lui donne l'intransigeance des nouveaux convertis.
Mais imaginez une minute Mme Fichini mixée avec Mme MacMiche, et vous aurez une assez bonne idée de la mère de Sophie de Ségur.
Ensuite elle se marie, et au début, c'est un mariage d'amour. Sauf qu'Eugène décide rapidement d'aller taquiner d'autres gueuses et plus ça va, moins il est dans le lit conjugal, il surnomme sa femme "la Mère Gigogne", et en plus de huit gosses, il lui aurait aussi refilé la chtouille.
Du coup elle se réfugie dans son monde à elle, un monde clos, éloigné de tout, coupé du monde réel. Sa morale, où le juste et l'injuste se distinguent avec une facilité déconcertante, est pétrie de valeurs catholiques, mais un catholicisme bourgeois du XIXeme siècle, donc: qui sent vraiment le rance.
"Cet enfant gravement malade et qui va bientôt mourir est un vrai martyr! D'ailleurs, ses parents le méritent bien!" (dans Jean qui grogne et Jean qui rit)
Et là, n'importe qui de normalement constitué - donc qui a du mal à comprendre comment un enfant qui souffre et qui est à l'agonie "se mérite" a la même réaction que moi en lisant ça pour la première fois quand j'avais huit ans: "Gnuuuuuuuuuu?????"
Chez la comtesse de Ségur, le bon pauvre est celui qui sait rester à sa place: Blaise dans Pauvre Blaise fait l'admiration de tous parce qu'il est conscient de sa position de fils de paysan, et il s'applique à ne jamais en sortir. C'est un gamin, mais il sait que son habit ne doit pas être plus beau que celui du fils du maître, et c'est déjà beau d'avoir l'honneur de prier à ses côtés, il s'en contente! Mais sitôt sorti de l'église, il redeviendra l'humble et servile enfant de basse extraction.
Dans Diloy le Chemineau, entre la jolie petite fille et la petite fille moche, celle qui aura une belle vie, c'est forcément la moche qui va à la messe tous les matins! L'autre, moins bonne catholique, finira par s'enlaidir parce que Dieu n'a pas encore étendu sa main et le Biactol sur son visage.

Et j'ai eu mille fois plus d'émoustillages, pas que concernant la fessée, en lisant Colette, Zola, Brautigan et Fante. Rousseau, malgré le fameux passage de "la punition des enfants" et mon embarras profond quand j'ai dû commenter ce texte avec une gamine, reste un écrivain des Lumières largement au dessus de Voltaire (et vu le minois du JJ dans sa jeunesse, je lui en aurais bien mis une, moi).

Bref. Depuis l'ouverture de ce blog, j'ai fréquemment commenté chez les autres pour expliquer pourquoi Sade était un escroc, et pourquoi Ségur ne reflète pas vraiment la société du XIXeme (pour ça, on a tout Flaubert, Zola, Balzac et Hugo. Et en bien écrit) mais plutôt ses fantasmes d'ordre et de discipline qui daubent le renfermé. Si Eugène de Ségur avait fessé sa femme, ou c'était fait fesser par elle, elle se serait peut être sentie moins seule et elle aurait écrit moins de conneries.Cela fait un moment que je me dis que je devrais en faire la somme ici, comme ça, ça serait fait.

Si vous êtes sages, la prochaine fois, je vous fais le top dix des fessiers masculins que j'aurais bien voulu châtier avec amour.

samedi 2 août 2014

Louise et Alexandre (récit de fiction): sans carapace


Louise ouvre à peine les yeux. Elle est couchée sur le ventre, avec seul un bout de la couette qui cache tout ce qui aurait pu rester d'hier soir. Je serais presque tenté de tirer un peu sur le tissu pour voir, mais je sais très bien qu'il n'y a plus aucune trace. Même si je ne crois pas qu'elle serait mécontente d'une vérification.
Elle s'étire et attrape ma main.
-Coucou !
Dehors, il fait jour. La lumière filtre à travers les volets, et la rue semble n'avoir jamais été aussi vivante. Des bouts de conversations s'engouffrent dans la fenêtre, entre les bruits des voitures qui passent et l'engin qui lave les trottoirs.
-Alors ? Ça fait quoi ?
Je ne réponds rien, mais je lui fais un bisou. Elle plisse l’œil lorsque mes lèvres se posent juste au-dessus de son sourcil.
-Tu ne dormais pas ?
-Si. En fait je me suis réveillé juste avant toi.
Ou presque ; mon esprit a déjà été plus clair que ce matin. Je crois qu'elle s'en aperçoit assez bien, elle a encore ce sourire un peu attendri qui me trouble assez.
Elle s'étire encore, puis se glisse hors du lit. Son pied cherche le sol pendant un instant, puis elle se remet debout, nue comme elle était lorsque nous nous sommes endormis. Elle doit sentir mon regard plu attentif.
-Mais tu es devenue complètement impudique.
Elle éclate de rire.
-Mhm. C'est bien le moment pour ça, non ?
Elle s'arrête et tourne la tête vers moi. Comme si elle avait calculé le coup, elle est dans le faisceau de lumière que laissent passer les fentes des volets ; le contour de son corps brille.
-C'est sûr. D'ailleurs, si ça ne te gêne pas de continuer... Je peux ?
Je la rejoins, et la fais pivoter en posant les mains sur ses hanches.
-Mais non, il n'y a plus rien, dit-elle comme pour me rassurer.
-C'est toujours plaisant à vérifier.
-Espèce de pervers. Mais la tâche de soleil, c'est sympa aussi, ça fait tout chaud.
Elle se laisse faire gentiment.
-Allez, file !
Je la libère en appliquant une gentille claque sur les fesses. Elle glousse en faisant deux pas, juste pour obéir à ma tape, puis s'arrête, un peu indécise. Finalement, elle attrape un grand t-shirt et l'enfile sans hâte.
-Caché !
-Mais pas trop.
Le t-shirt s'arrête juste au-dessous de ses fesses.
-Je n'ai plus tellement de raisons de cacher trop.
Le sourire de Louise tourne à la taquinerie. J'aime bien cet air de satisfaction.
Elle l'avait déjà hier soir. Elle avait vu mon trouble – et pourtant, je l'avais déjà vue nue.
-ça ira comme pyjama ?
Elle m'avait montré le t-shirt qu'elle portait maintenant.
-Bien sûr !
Mais elle ne l'avait pas mis : elle s'est contentée de le lancer sur le lit, et le suivre beaucoup plus lentement. Elle s'est allongée, en repoussant la couette, les fesses bien en évidence, comme pour recevoir d'autres claques. Mais elle était plutôt gâtée pour ce qui est des fessées, là, elle voulait juste profiter du résultat. La rougeur, complètement effacée ce matin, était toute fraîche.
-Tu sens ?
Elle guida ma main sur ses fesses dès que je la rejoignis. Impossible de ne pas sentir : sa peau toute délicate rayonnait la chaleur.
-Tu as eu très mal ?
-Juste comme je le méritais. Parce que j'ai été très vilaine.
-C'est vrai, tu n'as pas été sage du tout.
-Et quand je ne suis pas sage, je suis punie.
-Oui, c'est pour ça que j'ai dû te donner une bonne fessée.
Fessée qui n'a pas rendu sa main plus sage.
-J'ai bien mérité ma fessée... Et je sens que toi aussi tu vas bientôt en mériter une.
Sa main se glisse sous mon caleçon, là où la prochaine fessée ne manquera pas de tomber, puis baisse le sous-vêtement avec une pointe d'impatience.
J'avais envie de répondre que nous avions tous les deux été très vilains, mais j'ai vite laissé tomber. Sa main pressait un peu plus fort, remontait des fesses vers le dos, puis redescendait encore plus bas.
-On va s'occuper tout de suite de mériter notre prochaine fessée, c'est ça ?
Comme pour me répondre, la main de Louise plonge en dessous de mes fesses alors que je finis de murmurer dans son cou.
-Je n'ai pas l'impression de faire une bêtise, là...
Elle s'interrompt pour me rendre quelques baisers. Ses lèvres, puis sa main dans mes cheveux finissent de me donner une sorte de vertige. Puis elle reprend :
-Je suis plutôt contente de ce qu'on va faire. Et je suis sûre que tu ne vas pas faire de bêtises du tout, tu vas très bien te débrouiller.
Sa main revient plus bas. Je me débarrasse du sous-vêtement, et par la même occasion je fais tomber la couette, largement superflue.
-Tu crois ?
-Mais oui !
Je la serre plus fort. Je retrouve la chaleur de ses fesses, puis je remonte les mains.
-Oh oui... Tu as raison.
Mes yeux se ferment, mais j'aperçois quand même un sourire étrange, comme si elle était étonnée.
-Viens là... je vais te guider.
Je me laisse guider. 

 

La matinée traîne tranquillement. Les tâches de lumière ont glissé à travers la pièce et se sont estompé : dehors, sans doute, des nuages sont encore arrivés. Nous n'avons pas ouvert les volets, et avec l'air frais le bruit de la rue filtre dans le studio. La pénombre reste, et Louise garde son t-shirt long de pyjama.
Je ne suis pas pressé de sortir de cette torpeur. Pourtant, j'ai été plutôt enthousiaste hier. Elle m'avait proposé qu'on aille nous balader un peu. Nous avons fini par nous retrouver au jardin du Luxembourg.
-Si on y avait pensé plus tôt, on aurait pu nous faire une sortie un peu plus loin...
Nous nous étions à peine mis en marche, et Louise était un peu devant moi, partie d'un bond comme toujours un peu brusque.
-ça te manque de bouger ?
La question est assez inutile, je vois bien que Louise ne tient pas en place.
-Oui ! Je crois que j'ai envie d'être vraiment en vacances.
-Pareil...
-Un jour, il faudrait qu'on aille crapahuter vers chez mes parents... c'est vraiment sympa.
-C'est pas très exotique, surtout pour toi.
-Le Vexin ?
Elle éclate de rire :
-C'est pas exotique, mais quand on est allés chez tes parents, c'était pas exotique non plus, et on s'est bien amusés. On pourrait faire au moins aussi bien dans le Vexin.
-J'imagine bien !
Louise s'avance un peu entre les chaises pour enjamber la clôture d'un gazon.
-En fait... - elle s'interrompt, et je sens bien quel genre d'idée lui vient – en fait, déjà si mes parents s'absentaient, on pourrait faire plein de bêtises rien que dans le jardin. Dans le fond, on serait complètement isolés !
-En fait, c'est plus des perversités que tu as envie que de la nature.
-L'idéal, ce serait d'avoir les deux. Tu trouves pas ?
-C'est sûr qu'au Luxembourg, on risque d'être un peu courts sur les deux.
Maintenant, je vais moi aussi être en manque.
-C'est pas grave, on peut marcher un peu.
Je suis Louise. Nous revenons sur le chemin et nous avançons un peu pour nous éloigner de la concentration des touristes. Un léger vent frais se lève et agite gentiment le tissu bleu à petits motifs du combishort de Louise. Cela doit être la première fois que je la vois aussi à la mode, et aussi peu excentrique. C'est presque surprenant : c'est tout simple et léger, sans ornements étranges ou couleurs, elle a même remplacé ses habituelles chaussures multicolores par des sandalettes. Elle a encore plus l'air d'une enfant comme cela.

Les grappes des promeneurs et de touristes restent peu à peu derrière nous, et quand le vent souffle, j'aperçois sur les épaules de Louise de la char de poule.
-Tu as froid ?
-ça va. Tu aurais envie qu'on se pose ?
Nous nous installons sur la pelouse.
-Tu sais ce que tu vas faire pour les vacances ?
Elle s'installe en tailleur et déboucle ses sandalettes. Je hausse un peu les épaules : je suis toujours pris un peu au dépourvu par l'arrivée de l'été. En tout cas, elle va me manquer.
-Tiens, elle est marrante, celle-là !
-Qui ça ?
-La bestiole.
Louise pointe du doigt quelque chose que j'ai au départ du mal à distinguer de l'herbe tondue. À bien y regarder, il y a bien une sorte de petite araignée verte, à moitié transparente.
-Tu t'y connais ?
-Pas tellement. Mais j'aime bien ; à une époque je voulais devenir géologue, puis j'ai commencé à trouver que ce qui se balade sur les cailloux est aussi bien que les cailloux. Et puis je m'y suis remise récemment. J'ai eu un projet à faire sur les gros plans, du coup j'avais envie de partir sur les vraiment gros plans...
-Tu as fait ton truc à partir des macrophotos ?
-C'est ce que je voulais faire au départ, mais c'était pas ça. J'ai fini par m'entendre avec une amie pour squatter son labo, je suis arrivée avec ma vermine dans des éprouvettes perso, et j'ai fait des portraits des bestioles comme ça, avec mes modèles décédés sous un binoculaire.
Apparemment, rien que les têtes des gens qui travaillaient dans le labo justifiaient l'effort.
-Et ça a bien marché ?
-Plutôt, oui. J'étais contente de moi. Tu voudrais que je te montre ce que ça donne ? J'en ai au studio.
-Bien sûr !
Bientôt, nous nous retrouvons tous les deux à quatre pattes à suivre l'araignée qui gravit un par un les brins d'herbe.
-J'adore sa carapace transparente. Ben, là, pour le coup, je crois qu'une photo serait utile.
J'ai en tête une autre photo que j'aurais bien aimé prendre à ce moment là.
-Au fait, c'est moi, ou tu as trouvé mieux à regarder que l'araignée transparente?
Louise se retourne un peu en parlant, mais reste au-dessus de l'araignée et continue à la suivre du coin de l’œil.
-Tu fais très bien l'araignée.
-Mais euh, je n'ai pas huit pattes. Et surtout, les miennes ne sont pas velues.
-Reste le côté transparence.
Elle a l'air surprise.
-Il n'est pas transparent mon combishort ?
Pour se rassurer, elle se rassied sur l'herbe.
-Mais non, il n'est pas transparent. Par contre, il révèle assez bien.
-C'est ton imagination, pervers. Et puis, on est en été, il faut en profiter.
Elle a perdu l'araignée des yeux, mais n'a pas l'air de le regretter, elle me fait des reproches avec un grand sourire.
-Mais je suis en train d'en profiter ! Et je pense à ce qu'on pourrait faire après.
-Ce qui est bien, c'est qu'on a les esprits aussi mal tournés tous les deux. Tu crois que j'ai fait une bêtise ?
-Et pourquoi pas ? En tout cas, avec ta tenue toute légère, à te déchausser dans l'herbe puis te mettre par terre pour pourchasser une bestiole, tu n'as pas l'air très adulte, tu sais.
-Comme si j'avais souvent l'air adulte, moi. C'est vilain de profiter de l'été ?
Il faut vraiment que je trouve un prétexte crédible ?
-Je ne sais pas, moi, ça se trouve c'est pas hygiénique ? Ou une connerie dans le genre ? Ou c'st mal d'enlever ses chaussures parce que tu vas forcément marcher sur une autre bestiole, ou du verre cassé...
-Oui, c'est connu qu'il n'y a que ça au Luxembourg. Mais si tu es à court, on peut toujours dire que j'ai été insolente ? C'est passe partout, ça.
-Bon, je crois que pour la crédibilité, on repassera. En tout cas, c'était adorable, la chasse à l'araignée.
-Tu dis que j'étais adorable, mais tu as quand même envie de me punir !
Elle imite le ton de la bouderie, les yeux plissés de rire. J'ai failli répondre « tu n'as peut-être pas envie d'être punie ? », mais je vois très bien qu'elle est partante. Alors, je ne sors pas du jeu :
-Oui. Dans une demi-heure on est rentrés, et tu seras punie !
J'espère juste qu'aucun passant ne m'a entendu, au lieu de vérifier s'ils étaient tous à bonne distance, j'ai essayé de faire le regard sévère sur ma montre. Louise, sans se lever, vérifie moqueusement sa montre qui tourne à l'envers.
-Et si on a du retard ?
-Eh ben, tu auras une punition plus sévère. Et si tu te levais au lieu de me narguer, on ne risquerait pas d'être en retard.
Elle attend encore un moment, en poussant un soupir. Je suis toujours un peu inquiet à l'idée d'en avoir fait trop, mais elle a plutôt l'air de me provoquer, alors je continue : je prends Louise par le bras que son petit combishort laisse dénudé. Cette fois-ci, je n'oublie pas de vérifier où sont les passants.
-Louise ! Qu'est-ce que j'ai dit ? Tu es déjà punie, alors c'est pas la peine d'aggraver ta situation. Maintenant on rentre, et une fois arrivés, tu auras la fessée.
Je n'allais quand même ps dire « à la maison » alors que c'est chez elle qu'on rentre. Louise se laisse faire ; elle est débout, et a l'air d'hésiter un peu. Personne n'a cru que je la maltraitais.
-Comment tu te sens ?
Il aurait été plus logique que je prenne moins de précautions pour poser cette question que pour annoncer à Louise sa fessée, mais la voix basse marque plutôt bien la question posée hors jeu.
-Quand tu m'as dit qu'on rentrait... ça fait tout drôle. Je ne m'y attendais pas du tout. Mais oui, j'ai envie de jouer !
Mon inquiétude doit se voir très facilement.
-Puisque c'est dit... maintenant il va falloir s'y tenir !
Elle ramasse ses sandalettes quelques pas derrière nous et m'attend : puisque je lui ai dit qu'elle était punie, c'était logiquement à moi de la ramener.
-Allez, viens.
J'esquisse un mouvement. En marchant vite, une demi-heure est tout juste le temps qu'il faudrait pour rentrer dans son appart depuis l'endroit où nous sommes, mais je n'ai pas envie de nous presser. Je ne suis pas non plus sûr si Louise veut jouer la provocation et rentrer en retard pour m'obliger à inventer une punition supplémentaire, ou elle préfère rester sage.
-On part par là ?
Son geste résout la question : si on part par où elle propose, nous allons faire une boucle, donc on est sûrs d'arriver tard. Mais la balade n'était pas si longue jusqu'ici, et l'idée de nous promener en amoureux avec la déculottée de Louise en perspective me plaît assez.
-Tu n'es pas pressée d'arriver.
-C'est normal si je dois avoir une fessée à l'arrivée, non ?
-Ou tu as envie de me narguer ?
-C'est devenu mon sport préféré.
-C'est pour ça aussi que tu restes pieds nus ?
Nous longeons pour le moment la pelouse, et elle a toujours ses sandalettes à la main.
-ça te nargue que je sois pieds nus ?
-C'est tout mignon, et pas très adulte, alors forcément... J'aurais presque envie de te l'imposer parfois.
-Je risquerais de n'être pas très vexée, tu sais.
Dans ce cas – je suis sûr que je ne vais pas me priver d'en profiter. Mais pour le moment, nous arrivons au bout de la pelouse, et il faut bien que Louise remette ses sandalettes. Nous descendons tranquillement, par les petites rues. Le délais d'une demi-heure passe avant même que nous ayons le temps de rejoindre la Seine. Mais je ne regarde presque pas la montre, je préfère laisser Louise me devancer. Le vent est plus fort maintenant que nous longeons les quais et il traverse aisément la tenue de Louise. Les manches, à peine esquissées sur ses épaules se gonflent ; le tissu s'agite au-dessus de l'élastique qui retient le pli au-dessous de la poitrine, et le short, délimité par une bande plus sombre à la ceinture, se soulève légèrement. Elle aurait certainement été plus embarrassée avec une jupe – surtout de cette longueur.
Lorsque les immeubles autour se font plus petits et nous approchons du studio de Louise, je commence à sentir un peu de fatigue dans les jambes, mais aussi beaucoup d'excitation qui monte. Nous sommes largement en retard ; comme je n'ai rien fait pour hâter notre retour, je ne le rappelle pas à Louise. Je me résous à lui donner une petite punition supplémentaire pour la forme, mais sans trop insister.
Louise accepte le jeu de marcher juste devant moi. Si nous étions seuls, je m'amuserais bien à lui donner de temps en temps une petite claque sur les fesses, pour la faire avancer (encore qu'elle ne traîne pas vraiment) et pour lui rappeler qu'elle est punie. J'imagine le sentiment d'incertitude – mais pour qu'elle soit réelle, il faudrait encore que la rue soit déserte ; et je me prends à rêvasser à des forêts profondes et vallons bien à l'abri. Mais peut-être qu'un jour, nous en trouverons ?
-Voilà !
Louise ouvre la porte. Ce n'est que là que peux enfin profiter de ce qu'il n'y a personne dans le hall de son immeuble, et je lui fais traverser le seuil avec une claque qui la fait glousser. Mon encouragement lui fait faire une grande enjambée, un peu raide et comme saccadée – elle doit être impatiente elle aussi.
Je referme la porte.
-Je dois être punie ?
Elle s'est retournée vers moi, les mains dans le dos, les jambes un peu fléchies et la tête sur le côté, dans la pose de la fausse pudeur, trahie comme d'habitude par le grand sourire et les yeux pétillants.
-Bien sûr que tu dois être punie. Tu as été insolente, et tu sais ce que ça mérite ?
-Mmmhm.
Elle hoche la tête, lentement.
-Alors, dis-le. Ça fait partie de ta punition.
Je savais que cette phrase allait avoir pas mal d'effet sur elle : ses joues rougissent et la respiration se fait saccadée. On dirait un petit garçon surpris dans le verger du voisin...
-C'est obligé ?
-Bien sûr. Allez, qu'est-ce qui va t'arriver ?
Elle remue sur place.
-Je vais recevoir une fessée déculottée.
-Exactement.
Je suis presque aussi hésitant qu'elle. Enfin, je me décide à commencer – je m'installe à l'endroit habituel, sur le canapé. Je n'ai pas d'instruments à portée de main, mais je finis par me dire que ce n'est pas grave.
-Viens ici. Tu vas prendre ta punition.
Louise se mord les lèvres. Elle hésite peut-être à jouer encore un peu la provocation, mais je crois qu'elle est trop impatiente pour ça : elle reste juste un moment sur place, puis elle s'approche très lentement. Mais, au lieu de s'allonger sur mes genoux, elle s'assied juste à côté de moi.
-Louise, voyons... Tu sais bien comment se passe une fessée, qu'est-ce que...
Je ne finis pas, Louise se colle à moi, en se cramponnant à mon bras.
-Eh ben ? Je t'ai fait peur ?
Elle n'est pas loin de trembler !
-Mais non – elle laisse reposer sa tête sur mon épaule – j'avais juste envie d'un câlin. En fait, ça fait un moment que j'en ai envie, mais j'osais pas dans la rue. Tu vas être très sévère ?
Je ne sais pas trop quoi répondre, mais je la serre très fort contre moi.
-Tu ne veux pas que je sois sévère ?
Elle se relève :
-J'ai été très vilaine, alors je mérite que tu sois sévère. En fait, je crois que j'ai été plus vilaine que les dernières fois.
-Tu crois ?
Elle hoche la tête.
-Dans ce cas, on a une raison de plus pour que tu viennes gentiment sur mes genoux.
Louise déboucle ses chaussures puis s'allonge sans aucune aide sur mes genoux. Le tissu de son combishort se tend de lui même sur les fesses et dégage les cuisses, toutes offertes.
Ma main glisse lentement le long de son dos légèrement courbé, puis jusqu'aux genoux pliés.
Louise attend, immobile, la première claque de sa fessée. Elle tombe juste au-dessus de l'ourlet de son short. Ma petite punie sursaute un peu – pas de douleur, mais plutôt parce que la tension se relâche. Je commence par une fessée à la main, par vraiment sévère, mais sans faire semblant. Les claques sont régulières, et je sens que le rythme rassure Louise qui encaisse tranquillement les tapes. Pourtant, son vêtement est tout fin et ne doit pas la protéger beaucoup.
Au bout d'une vingtaine de claques, je me permets de briser le rythme, j'en donne deux ou trois un peu au-dessous de l'ourlet bien remonté, sur ses cuisses. Elle plie les jambes par réflexe.
-Allons, Louise, ce n'était rien de bien méchant...
Je ramène ses pieds à leur place habituelle.
-Ce n'était qu'une fessée à la main. Ça te fait peur ?
-Non, mais je sais que ce n'est pas tout...
-C'est sûr. À ton avis, qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?
-Tu vas me déculotter ?
-Pas encore. Tu te souviens qu'on était censés rentrer rapidement, et on a un peu traîné en route ? Je sais que ce n'était pas entièrement de ta faute, mais je t'ai quand même promis une punition supplémentaire. Alors tu vas en avoir une, même si elle ne sera pas très sévère.
Elle se tourne vers moi d'un regard interrogateur.
-Oui, tu peux te lever. Eh bien, tu va simplement aller au coin réfléchir un peu. Mais attention, si tu ne tiens pas bien au coin, tu vas avoir une claque sur les fesses – je lui en donne une, pour illustrer, en profitant de ce qu'elle n'a pas encore eu temps de se mettre debout – tout ça en attendant qu'on reprenne ta fessée après.
-D'accord.
Toute penaude, elle s'empresse d'obéir.
-Louise ! Attends.
-Oui ?
-Cette fois-ci, tu ne vas pas aller dans le coin habituel. Viens, tu vas te mettre là – je la mène vers sa fenêtre et la poste juste à côté. Puis, je pousse les volets pour qu'ils laissent passer plus d'air – comme ça, tu vas pouvoir imaginer ce que ça ferait si tous les gens qui passent dans la rue pouvaient de voir. Et si tu mérites une claque, quelqu'un pourra l'entendre par hasard.
Elle est réellement surprise. J'observe avec satisfaction son expression, agrémentée d'un peu de rougeur supplémentaire lorsqu'une voiture, puis deux personnes qui passent en discutant, illustrent cette nouvelle vulnérabilité. Louise se retourne vers le mur, elle s'enfonce dans le coin. Toute silencieuse. Je recule pour mieux observer. D'autres voix passent derrière les volets, et Louise remue un peu, visiblement plus impatiente que d'habitude.
-Dis ?
-Oui ?
-Et si la personne qui entendait était un voisin ?
Je souris.
-Et alors ? Soit il ne ferait pas attention du tout... soit, au pire, il se douterait que tu as été vilaine !
-C'est pas drôle...
-Tu es sûre ?
Je profite de l'occasion pour lui appliquer une bonne claque sur les fesses.
-Aïe !
-Normalement, quand on est punie au coin, on ne parle pas tellement !
Je prends quand même la précaution de parler à voix basse, au cas où il y aurait des passants particulièrement silencieux dehors.
-Voyons, personne ne va nous entendre, en tout cas personne ne fera attention. Mais tu es quand même punie presque en public !
Nouvelle claque.
Au bout de dix minutes qui me paraissaient déjà très longues, je laisse Louise sortir du coin où elle est restée exceptionnellement sage. Je ne me prive pas de lui mettre encore une claque lorsqu'elle passe devant moi – après tout, c'est pour la suite de sa fessée qu'elle vient.
-On peut refermer maintenant ?
-Bien sûr ! La fenêtre, c'était juste pour le coin.
Je referme, puis je rejoins Louise, en prenant soin cette fois-ci de m'équiper d'une brosse et d'une règle en plexiglas transparent que je prends sur son bureau.
-Mmmh, c'est vraiment obligé ?
-Bien sûr. Une fessée à la main, c'est un début, mais pour une punition il faut un peu plus. Tu as dit toi-même que tu méritais que je sois sévère avec toi.
Elle baisse la tête.
-Tu vas me déculotter aussi ?
-Évidemment.
Pourquoi ce grand sourire ? On dirait qu'elle n'entendait que ça depuis un moment.
-Bien sûr, il est temps de baisser ta culotte pour te mettre une fessée sur les fesses nues. Viens ici.
Mon autorité a dû prendre un coup : je ne sais toujours pas ce à quoi elle pense. Pour le moment, je prends Louise par les épaules : ses manches sont tellement courts que mes mains se posent sur la peau nue des bras. Elle approche docilement. Ses cuisses sont déjà nues, et sur ses fesses il n'y a que ce tissu fin à petits motifs.
Ah – c'était donc ça ! Je ne vais pas pouvoir simplement baisser son vêtement. À la limite, si j'essayais de le retrousser comme une jupe, je pourrais dégager les fesses assez pour punir Louise, mais puisqu'il faut qu'elle soit fesses nues, cela ne suffit pas.
-On dirait que tu as fait exprès, tiens.
-Mais non, pas du tout...
-C'est très vilain de me tenter comme ça !
Pour la peine, je lui mets une claque sur le derrière encore habillé.
-Bon, allonge-toi.
Je glisse un oreiller sous son bassin.
-Tu sais, tu vas être déculottée pour ta fessée quand même. C'est pas de ma faute s'il ne te restera pas beaucoup de tissu.
En attendant, comment ça s'ouvre, un combishort de gamine ?
-Tu vas être obligé de m'extraire de là ?
Elle n'oppose pas beaucoup de résistance. Ça y est, je trouve une fermeture éclair – toue fine et tout fragile – sur son dos.
-Tu voulais que ça te serve de carapace ?
-Pourquoi pas. Je ne suis pas bien en chenille ?
-Si, tu es une ravissante petite chenille. Seulement, pour une carapace, elle est pas très dure, tu sais.
-Bah oui, du coup, autant en sortir...
-Je suis tout à fait d'accord. Et, de manière générale, je te préfère en papillon.
Je tire sur la fermeture éclair. Elle ne bouge pas.
-Alors ?
J'écarte les pans du tissu. Son dos est nu, barré seulement par la bande blanche du soutien-gorge.
-Alors, tu es prête à sortir de ta chrysalide ?
-J'ai hâte.
Le tissu glisse sur les épaules qui s'arrondissent pour la circonstance. Louise se soulève pour me faciliter la tâche.
-Et maintenant, tu vas être déculottée.

L'ouverture laisse déjà apercevoir un coin de la petite culotte bleue à pois blancs. Je tire le tissu le long de ses jambes. Une claque sur ses fesses, pour lui rappeler que désormais, elle est presque nue – et je soulève ses pieds pour enlever complètement le vêtement. Je ne précipite as les choses – tranquillement, je replie le combishort, et je m'écarte un instant pour le laisser sur le dossier de la chaise de bureau. Louise m'attend tranquillement, toujours étendue sur le ventre, les fesses offertes.
Je reviens à elle. Tranquillement, je sélectionne la règle, plus longue que la brosse. J'applique les premiers coups, mais je suis trop haut – je finis pas m'asseoir sur le bord du lit. Les claques ont un effet visible, Louise ne dit rien mais remue un peu et cache le visage dans l'oreiller.
-Tu vois ce qui t'arrive quand tu es vilaine ?
Elle acquiesce. Je repose la règle pour donner une série de claques à la main. C'est seulement à la main, mais plutôt bien appliqué. Je commence enfin à sentir un peu de chaleur à travers la dernière couche de tissu, et la rougeur dépasse un peu de la culotte de gamine.
-Viens là, Louise. Lève-toi.
Je lui aide à se relever. Elle doit bien se douter de ce qui va suivre. Debout, un pied sur l'autre, elle se serre à moi, cramponnée à mon bras.
-Tu sais ce qui va t'arriver maintenant ?
-Tu vas baisser ma culotte ?
-Exactement, et après je vais te donner une bonne fessée sur les fesses nues.
Un geste simple fait tomber la petite culotte qui glisse sur ses chevilles. Il me suffit de tapoter légèrement ses fesses pour qu'elle s'installe d'elle-même sur mes genoux.
Je reprends la série à la main, puis je passe à la brosse. Je vois bien que Louise s'efforce d'être sage, mais la fessée est plutôt sévère. Ses fesses se couvrent d'une tâche rouge d'une couleur et une uniformité appréciables.
Je lui fais compter une série de dix coups de brosse, puis je reprends à la main : une série de claques fortes et bien espacées, puis une rafale rapide que j'imagine plus proche de la fessée qu'une enfant réelle aurait pu recevoir en vraie punition. Louise s'autorise quelques soupirs et couinements, et ses pieds s'agitent de plus en plus.
Je m'arrête un instant. Je passe la main sur son dos, immobilisé par l'attente de la suite. Il ne me reste qu'à dégrafer la fermeture de son soutien-gorge. La bande blanche s'écarte de son dos, et je sens un frisson qui parcours le corps de Louise.
-Je suis toute nue...
-Tu l'étais déjà presque.
Je ponctue avec quelques nouvelles claques. Deux coups de brosse – pour la faire sursauter, ce qui arrive facilement, tellement elle est devenue sensible, et je repose l'instrument pour une série finale de claques à la main.
-Viens là.
Je lui aide à se redresser. Elle est à nouveau collée à moi, comme tout à l'heure. Maintenant, je caresse simplement ses fesses toutes chaudes.
-Tu as eu très mal, pauvre petite ! Mais c'était pour ton bien tu sais ? Tu es tellement bien, sortie de ta chrysalide !
-Mmmh, c'est ça. On joue encore ?
-Eh ben, tu crois que tu n'as pas encore appris ta leçon, alors que tes fesses ont été toutes rouges ? En fait, ça tombe peut-être bien : quand j'imaginais des histoires de fessée, je voyais souvent une sorte de piqûre de rappel juste avant de dormir...
-Et je vais recevoir une autre fessée ?
-Mais pas aussi sévère ! Tu vas juste tendre tes fesses nues, et prendre quelques claques, juste de quoi retrouver une jolie couleur et faire des beaux rêves. Et en attendant, ce serait dommage que tu retrouves ton ancienne carapace, non ? Alors tu vas juste avoir droit à une petite culotte et un t-shirt.
Elle fait une moue boudeuse qui trahit l'enthousiasme. Encore toute nue, elle traverse à petits pas, mais sans se presser la pièce jusqu'au placard. Assis dans le canapé où je lui ai donné la fessée, je peux apprécier la courbe de son corps modelée par la lumière du soir qui filtre à travers les volets métalliques à peine entrouverts. 

Simon Pfeiffer 

dimanche 6 juillet 2014

La fessée un tout petit peu en retard d'anniversaire de Simon


Oui, tout arrive. On a laissé passer le mois de juin, pas un article. On est désolés, on a pas fait exprès, donc vous serez mignons de ne pas trop vous attarder sur les "ah ben quand même on a failli attendre". 

Fin juin, c'était la fin de l'année, mais c'était aussi l'anniversaire de Simon, et l'anniversaire de nos mères respectives à Simon et moi, puisqu'on a réussi le tour de force d'avoir des mères dont l'anniversaire tombe le même jour. Ce qui fait que dans la même semaine, on a fêté trois anniversaires différents. Pour l'occasion, nous étions tous réunis chez la maman de Simon, en Picardie. La maison est grande, mais pas au point de pouvoir jouer à la fessée comme on le voudrait vraiment. Sans compter que Simon et moi avons eu aussi des rendez vous pro assez cool mais on ne va pas trop s'attarder là dessus, non qu'on a pas envie d'en parler, mais ça va commencer à devenir chaud si on se fait griller. 

 Il a donc fallu attendre de retrouver un peu de calme pour jouer. 
Chez ma mère, après le séjour picard, c'était plus simple. L'année dernière, nous avions trouvé un endroit fort agréable pour jouer à la fessée, au cœur d'une forêt, un peu surélevé, avec des gros rochers ronds au sommet d'une colline. Manque de bol, l'arrivée intempestive de promeneurs nous avait obligés à reculotter Simon en quatrième vitesse et prendre un air le plus innocent possible. Et après ça nous avons oublié le nom même de la forêt.

Cette année, nous voulions retrouver le même endroit, pour peaufiner nos bêtises. Sauf que les bases de données SIG en ligne ne sont pas parvenues à nous aider. Et je ne parle même pas de la carte michelin. Nous nous sommes décidés pour une forêt en priant pour que ce soit la bonne. 
Je grille le suspense tout de suite: on a pas retrouvé l'endroit, la colline et les rochers ronds. Mais on a réussi à s'éloigner suffisamment des gens pour jouer. 
C'était pas si facile que ça au départ. Pour ne rien vous cacher, une partie de la forêt a été transformée en parcours d'acrobranche, aussi, quand nous avons vu un grand panneau "parking" et quatre autobus garés le long de la route forestière, on s'est dit que la gaudriole, c'était pas gagné-gagné. 
Et pourtant...

 
Au coin, déculotté sur une souche, on avait encore jamais fait.

On s'est perdus en essayant de semer les promeneurs, j'ai fait une crise parce que j'ai vu une araignée et qu'après j'imaginais des milliers d'insectes surgir de sous les feuilles mortes alors ça m'a fait vraiment me sentir mal, mais j'ai réussi à surmonter ça et ça fait plaisir (rien qu'en rédigeant cet article j'ai tué deux araignées, je suis incontrôlable). 

Les accessoires des parcours sportifs nous avaient déjà donné de bonnes idées, 
mais il y avait trop de monde. 

Et au final, à l'autre bout de la forêt, il n'y avait plus personne. On a pris nos précautions d'usage, mais rapidement Simon s'est mis pieds nus.

 

Cette souche était parfaite pour être mis au coin. Un peu surélevée, comme si j'avais voulu mettre mon petit garçon puni en évidence devant tout le monde. 


Le déculottage était particulièrement intense. Nous devions être attentifs à tout, tous nos sens étaient en alerte, et nous étions terriblement excités. 
Mais après la mise au coin, il ne faut pas négliger le moment de la fessée, et Simon a eu l'autorisation temporaire de se reculotter pour cueillir mes badines. Il a dû pour ça s'enfoncer un peu plus loin dans le sentier: sinon, nos seuls choix possibles étaient des fougères molles ou des houx trop brutaux. 
Et comme les badines par dessus la culotte ça ne vaut rien...


Je vous laisse visualiser le petit sentier que personne d'autres que nous n'a emprunté ce jour là. Et la badine qui m'a servi. Simon commençait à la sentir passer. Mais il a eu une idée encore plus perturbante pour moi. 
Je vous montre. 
 

Il s'est tout simplement allongé sur le sentier. Avec la légère pente de celui ci, ses fesses étaient encore plus accessibles. 
C'était vraiment très perturbant de le voir dans cette position. Comme s'il s'était mis lui même dans la posture la plus soumise possible. Pour se remettre entièrement à moi. 
Je trouve qu'il n'y a pas de plus belle manière de rendre une fessée d'anniversaire plus exceptionnelle que les autres. 


Du coup, vous m'en voudrez pas, mais pour masquer son visage sur la dernière photo, j'ai dessiner un petit coeur. 
Parce que Simon, c'est pas seulement un petit ourson, un vilain puni ou l'arrière train masculin le plus sexy de la galaxie. C'est l'homme que j'aime. 
Bon anniversaire une fois encore mon amoureux!

Constance Clairvaux

dimanche 18 mai 2014

Vieille France


Je dois rédiger cet article en punition. C'est vrai que, même si j'avais été sage, il aurait bien fallu rédiger un article pour raconter nos bêtises vendéennes qui commencent à dater un peu. Étrangement, ce n'est pas pour procrastination ni retards dans l’entretien du blog que je suis puni. Il se trouve qu'il y a une semaine, j'ai reçu un mail qui m'annonçait qu'il fallait d'urgence boucler un dossier très important. Ce n'était pas de ma faute si je n'avais qu'un week-end pour ça, mais comme le  dossier était vraiment très important, cette situation était très stressante, et deux nuits très courtes passées dessus n'ont rien arrangé. Comme j'étais stressé, je me suis énervé facilement, et, comme vous savez, c'est vilain. Pendant l'alerte boulot, on a bien sûr laissé tomber nos règles de discipline, mais même une fois le dossier bouclé (et, paraît-il, pas trop mal fait), j'ai quand même oublié au moins deux fois le couvre-feu pyjama. C'est vilain aussi, et ça mérite une bonne punition. En plus, il y a peu j'ai cassé par maladresse notre boule à thé en forme de poisson. 

Je suis donc en punition ce week-end, en tenue adéquate (culotte courte et chaussettes montantes, si vous voulez tout savoir), je prends des fessées déculottées pour mes maladresses, et j'ai aussi quelques tâches à faire. Notamment, faire enfin un article pour le blog.


Ce que je dois raconter remonte à à peu près un mois. Il nous a fallu aller rendre visite à la famille de Constance - la famille vendéenne, de ces Vendéens qui n'ont pas voulu faire un tour de bateau à Nantes quand c'était le moment et qui sont restés un brin 1818 dans leurs têtes. Je vous laisse imaginer l'enthousiasme de Constance.
Mais, une fois le potage insipide avalé et autres sociabilités accomplies, nous avons prévu des moyens de nous détendre un peu.
Il se trouve que la mamie vendéenne habite une maison qui a marqué les souvenirs d'enfance de Constance. Elle lui paraissait grande et pleine de recoins. Grande, je ne dirais pas, il y a tellement de bibelots, moquettes et papiers peints à motifs que c'en devient étouffant - mais les recoins y sont. Il a fallu renoncer à jouer dans une sorte de cabane dans le jardin - on attirerait des soupçons, à la fois ceux de mamie et ceux des potentiels voisins. La maison est dans une zone pavillonnaire plutôt dense, une banlieue à vieux, que la grand-mère s'obstine à prendre pour la campagne - mais les voisins sont tout proches. 
Donc, tant pis pour le jardin, nous nous contentons de l'étage. La grand-mère reste au rez-de-chaussée; vu son âge, elle a raison d'éviter les escaliers. L'étage est à nous - d'autant plus que l'escalier est isolé par des portes, qui forment une sorte d'écluse, idéale pour étouffer les bruits suspects.
A l'étage, rien n'a bougé depuis des décennies. Les meubles datent des années 70, une vieille télé est à peine plus récente. Par-ci par-là, des photos d'enfants en vacances - Constance y reconnait d'actuels retraités. Avant de jouer, comme de vrais enfants, nous passons une bonne heure à fureter dans les greniers aménagés sous les combles, à déterrer un jeu de Mécano ou une encyclopédie de la technique (géniale!) de 1927.
Mais, dès que la porte de l'escalier s'est fermée derrière nous, je suis envoyé me changer. Constance m'a prévu un t-shirt de fille qu'elle aime me faire porter, et une culotte courte. C'est pas plus mal - il fait chaud, je ne me plains pas d'être en short; et pieds nus je fais encore moins de bruit. Mais je me sens encore plus comme un enfant, et c'est bien le but. 


Constance sélectionne des livres "pour la jeunesse" pour une petite mise en scène. Dans l'un des greniers, il y a bien un petit bureau dont Constance s'est servie dans son enfance, mais il est hors de question de le sortit de là. Tant pis: il y a bien une table dans le couloir, et une chaise qui ressemble assez à une chaise d'écolier. Elle m'y installe - me voilà écolier en train de travailler.

Mais l'écolier n'est pas sage: peu importe ce que j'ai fait, je dois être puni. Debout! 


Elle baisse ma culotte courte et mon caleçon. Quelques claques tombent sur mes fesses nues, mais ce n'est pas encore le moment de la fessée: il faut finir son devoir.
Alors je me rassieds, mais déculotté. La chaise est plutôt froide... Mais je n'y reste pas longtemps. La chaise est retirée - je reste devant la table, mais à genoux. Pour commencer. Il faut encore aller au coin, comme un écolier puni, avant de pouvoir se réfugier dans la chambre.


J'en profite pour remonter ma culotte courte, et ce n'est même pas vilain. Nous finissons tranquillement nos tasses de tisane (il faut rester cohérent avec l'ambiance). Pendant ce temps, Constance vérifie les résultats sur son appareil photo: il fait sombre, mais il y a pas mal de poses exploitables. Elle me montre: au oui, il y en a des pas mal... Je hoche la tête et reprends ma tasse. 
Constance resserre les doigts sur la poignée de l'appareil, un léger effleurement du déclencheur réveille l'engin: je détourne la tête.
Eh ben, on dirait un gamin en visite chez la grand-mère. Certes, et plutôt content que ce ne soit pas la sienne. 


Ma tasse est finie. Il faudrait peut-être passer aux choses sérieuses?
A nouveau déculotté, je me retrouve sur les genoux de Constance pour une fessée à la main plus sérieuse. Pas trop, pour limiter le bruit, mais je remue quand même un peu. De toute façon, le loopy attend dans la valise.
Je suis envoyé me placer à genoux sur un fauteuil rouge, à peu près dans le coin entre le mur et une armoire. Tout nu - de toute façon, il est temps de se coucher, les petits ne doivent pas se coucher tard! 
J'entends Constance s'approcher et j'essaye de tendre les fesses, mais ce n'est pas confortable pour elle. Il faut changer de fauteuil - celui du milieu, avec son lourd dossier et pieds grêles, ne m'inspire pas confiance (je pense déjà au lit que nous avons cassé, il y a deux ans, chez ma grand-mère, qui ne le sait toujours pas), mais il tient bon quand je me place dessus à genoux et l'accroche au dossier. 


Trois coup de loopy tombent sur mes fesses tendues.
-Tu es mignon comme ça!
-Tu trouves?
Elle finit ma fessée à la main.
-Mais oui.
Je me retourne pour lui sourire, puis je me roule en boule sur ce fauteuil, en cachant le visage. Les claquements de l'obturateur confirment que l'idée était bonne. 


-Tu penses que tu as eu la punition que tu as mérité?
Plus de sévérité pourrait être risque - et nous commençons à être impatients pour passer à autre chose. Je suis autorisé à me relever et mettre ma chemise de nuit.
-Allez, au lit maintenant!

Simon Pfeiffer

 Petit ajout de Constance: ce n'est jamais facile pour moi d'aller chez ma grand-mère, pour raisons familiales. Mais tout ceci n'est pas très intéressant pour vous, chers lecteurs du blog. Ma grand mère n'a jamais été très portée sur la déco et ce n'est pas la personne la plus avant-gardiste que je connaisse, mais elle a 97 ans... (et c'est plus fort que moi, je ne peux pas me friter avec une nonagénaire). J'étais heureuse que Simon soit avec moi. Devant ma grand mère, devant mes tantes, devant les cousins/ cousines, j'étais contente qu'ils voient que la fille insupportable et asociale que j'étais censée être se soit trouvé un fiancé plutôt mignon. 
Mais au-delà de ça, le décor complètement suranné de la maison - et encore, le papier peint de la cuisine a été changé il y a six - sept ans, avant ça c'était le même depuis la construction de la maison dans les années 60 - est souvent venu alimenter mes rêveries de fessée. Notamment l'été quand on était coincés là avec mes parents quand j'étais plus jeune et qu'il fallait bien que je m'évade d'une façon ou d'une autre. "Faire un tour au bourg" n'était pas une solution, ledit bourg est encore plus déprimant que la maison, et la boulangerie est coincée entre une banque et des assurances obsèques... Sans parler de l'hospice où bossait ma grand mère, judicieusement installé entre un couvent et le cimetière... Il ne manquait plus qu'une "impasse des pendus" pour que mon père se sente complètement au fond du trou.
Finalement, rien de tel qu'une bonne soirée perverse pour effacer certains mauvais souvenirs!

jeudi 8 mai 2014

Les bricolages de Constance - la brosse convertie en paddle

Si je ne savais pas pertinemment que ce sont des restes de colle néoprène qui engluent mes doigts, je pourrais me demander si je ne commence pas à me transformer en Spiderman. 

Lorsque j'ai commencé à donner la fessée, bien avant de connaître Simon, j'aimais beaucoup les instruments pervertibles: brosse à cheveux, règles plates, spatule, cuillère en bois... J'étais bien trop inhibée pour acheter un vrai instrument de fessée qui ne se confonde avec rien. J'avais peur que ma mère tombe dessus, parce que je n'avais pas de relation, et que je n'avais pas envie qu'elle croie que je me les infligeais à moi même. (Ma mère sent depuis très longtemps mes envies autodestructrices mais il se trouve que pour le moment j'arrive encore à maintenir le doute dans son esprit). 

Quand j'ai rencontré Simon, sa toute première fessée a été donnée avec de tels instruments. Mais à partir du moment où nous avons vécu ensemble, les fessées ont été de plus en plus fréquentes, et mes instruments de cuisine ont montré des signes de faiblesse. C'est comme ça que je suis allée chez Demonia la toute première fois. Mais comme le martinet, le paddle et la badine n'étaient pas assez variés, je ne me suis jamais lassée des "pervertibles". Vous avez un aperçu de notre collection d'instrument sur le post consacré à ma fessée d'anniversaire

Je ne suis plus jamais passée près d'un rayon d'ustensiles de cuisine ou de brosses à cheveux sans émotion. En parallèle, je suis devenue un peu obsédée du soin capillaire. Je savais que les brosses à cheveux en plastique faisaient de l'électricité statique, l'ennemi numéro un de l'écaille du cheveu. Il était donc urgent de me procurer une nouvelle brosse. Pas n'importe laquelle, une qui serait garantie sans électricité statique, en bambou avec des pics en bois. 

Malheureusement, cette brosse en bambou ne servit pas qu'à mes cheveux. Elle me servait aussi à donner de bonnes fessées déculottées à Simon. Aucun de ces deux usages ne fut bon pour elle: mes cheveux emmêlés et bouclés avaient raison des pics en bois, les fesses de Simon fêlaient le dos de la brosse. 

Le bricolage, en fessée, est toujours possible. Waldo en fait de superbes. Et moi, sans avoir le niveau de Waldo, j'aime bien faire des petits bidouillages. 
J'ai donc décidé de transformer ce qu'il restait de ma brosse en paddle. 
Avant de commencer quoi que ce soit, j'ai retiré les pics en bois - enfin, ce qu'il en restait - et j'ai badigeonné de colle néoprène pour réparer les fêlures. En maintenant avec plusieurs tours de scotch pour que ça reste bien serré. 

Le reste ne m'a pas coûté grand chose: deux chutes de cuir achetées au rayon brico du BHV - j'adore leur rayon cuir et cordonnerie, je passe toujours un temps fou à fouiller les bacs de chutes, ce bricolage fessée me permet donc de réduire un peu mon stock - un mouchoir trouvé pour une misère chez Emmaüs, des ciseaux, et un tube de colle néoprène.

  

J'ai ensuite tracé la silhouette de la brosse sur ma pièce de cuir noir (un peu trop épais, mais au moins, il ne devrait pas s'user trop vite). 

 

Puis j'ai procédé au découpage. J'ai cru que l'épaisseur du cuir allait avoir raison de mes ciseaux, mais finalement, ils ont survécu, et tant mieux, parce que je ne vois pas comment j'aurais pu les détourner en instruments de fessée. 

  

Le tube de colle disait qu'il fallait enduire les deux surfaces à coller, attendre que les solvants s'évaporent, puis assembler en appuyant fortement. J'ai bien senti l'évaporation des solvants, c'est pour éviter de finir avec la tête comme un couscoussier que j'ai réparti la fabrication sur deux jours. 

 

Le lendemain, j'ai collé le cuir qui dépassait sur les côtés de la brosse, puis j'ai roulé le mouchoir en boule. Je ne voulais pas d'un paddle aplati des deux côtés, je voulais qu'une des faces soit bombée, et qu'une tape donnée avec ce côté là fasse une sorte de gros "pouf". 

 

Et on recommence avec la colle... 

  

Les solvants qui s'évaporent... 

 

La pression ferme et solide de mes petites mains graciles de femme (esprit léger et séducteur). 

  

On vérifie que tout va bien...

 

A ce stade, il reste des finitions. Forcément, puisque je n'ai pas fait de patron, je n'ai rien mesuré, et j'y suis un peu allée à la va comme je te pousse en regardant la télé. 

  

J'ai fait la poignée avec un autre morceau de cuir noir (et je me suis mis de la colle plein les doigts, pour changer un peu). 

 

 Et tâ- dâ! Le paddle est enfin fini. Il a un côté bombé et "pouf-pouf" comme je voulais, l'arrondi vient d'une pièce de cuir gravé en creux que j'avais choisie sans savoir ce que j'allais en faire, il est en cuir noir dans le plus grand respect des clichés BDSM (vous ai je déjà dit que je n'avais pas de corsets en latex noir?) et dès qu'il sera sec, je vais l'essayer sur les fesses de mon photographe préféré. 

Constance Clairvaux